Remarques sur le "non dit" de nos divisions...

...qu’il s’agirait de clarifier...

Les ennemis de mes ennemis ne sont pas (toujours) mes amis

En cette veille de « rentrée des (luttes des) classes », chacun s’apprête à entrer de nouveau dans la mêlée, les nerfs reposés et l’esprit un peu plus clair qu’ils n’étaient à la fin de cette année de lutte. Car si cette « trêve » a permis au gouvernement de souffler, elle aura également eu le mérite d’offrir à certains d’entre nous un repos bien mérité. Les bilans de ce première acte ont été partiellement tirés, loin de la chaleur enivrante des manifs, il nous a fallu rencontrer une nouvelle image de nous même et de cette désormais fameuse « tête de cortège », celle colportée par des acteurs extérieurs, les grands médias, mais aussi nos proches et autres rencontres éphémères. Ces différents regards s’expriment en premier lieu dans le langage, d’abord « casseur », nous avons été « black blocs », « radicaux », « voyous » et même « terroristes » selon les versions. Si ce brouillard sémantique en dit beaucoup sur la bêtise et la mauvaise foi ambiante, il n’empêche qu’il nous ramène à notre « identité » indéfinie et finalement à nos contradictions. Bien sûr devant la question « qui sommes nous ? » une partie d’entre nous s’indignera, refusant les carcans trop étroits du lexique historico-politique, remarquons pourtant que déjà ce lecteur indique nos divisions internes. Nous sommes en effet quelques-uns à penser qu’une clarification essentielle, et, disons le, idéologique, loin de créer des divisions (elles sont déjà là) anticiperait des désaccords futur et renforcera notre unité.
Car il est entendu qu’en pleine action, ce sont bien des principes idéologiques qui nous poussent ou nous freinent, et que des principes communs sont garant sd’actions simultanées, déterminées et finalement plus efficaces. Si nous devions résumer nos divisions, et au risque encore une fois de braquer les puristes, on pourrait distinguer (ce n’est pas nouveau) les anarchistes des marxistes, sans oublier la « queue » de cortège non négligeable, à majorité réformiste. Or, si dans les actions spontanées qu’on a pu observer, impulsées par une dynamique de « destruction », un ennemi commun suffit à unir ces trois principaux protagonistes, force est de constater que de telles pratiques virent bien vite a la « sacralisation de l’émeute » (selon les mots bien choisis du « MILI » dans un récent communiqué ). Il nous faut donc penser plus loin, car lorsqu’il nous faudra occuper les espaces repris au gouvernement, la dynamique s’inversera, il nous faudra construire et affirmer notre être, nos êtres, en sortant de la seule négation. Et ici, nul ne peut aujourd’hui garantir que nos divisions ne nous seront pas fatales. Il semble donc crucial d’ouvrir un réel débat de fond, non pas en vue d’annihiler les différences au profit d’une unique idéologie, le passé nous en garde, mais plutôt pour trouver des principes et objectifs communs qui dépassent la seule négation, essentiellement exprimée dans la destruction. Car non, au sein de ce cortège, tout le monde ne « déteste pas la police », et certains ne rejettent pas l’Etat. Entreprendre cette « autodéfinition » c’est ôter la chance aux grands médias, au pouvoir et aux pseudo intellectuel-le-s de le faire à notre place, et nous le savons, gagner la bataille des mots c’est déjà beaucoup. Lucides sur nos divisions, conscients de ce qui nous rassemble, nous serons plus forts.

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