Rafle aux abords du centre Emmaüs de porte de la Chapelle.

Mercredi 22 février, une nouvelle rafle a visé les migrants regroupés à côté du centre Emmaüs de porte de la Chapelle auquel ils n’arrivent pas à accéder.

Pour « gérer » les migrants qui espèrent trouver une place au chaud dans le centre dit de premier accueil de porte de la Chapelle, les gros bras d’Emmaüs associés aux sbires de la mairie de Paris ou de la police nationale n’hésitent pas à utiliser les insultes et les pressions physiques.

Ces maltraitances quotidiennes ne suffisent pas à décourager ceux qui espèrent trouver l’aide qui leur a été promise, ou tout simplement une place au chaud. Ils sont désormais environ 400 à dormir aux abords du centre, en attendant qu’on veuille bien leur concéder une place. 400 personnes c’est trop visible pour la préfecture et la mairie de Paris.

Ainsi, le mercredi 22 janvier, une opération de police que l’on peut qualifier de rafle a eu lieu aux abords du centre, au petit matin, avant la sélection de 9H, heure à laquelle les portes s’ouvrent (ou pas), pour laisser entrer (ou pas), un nombre indéterminé et jamais connu à l’avance de personnes. Cette rafle a permis de relever les empreintes et les identités de dizaines de migrants, de distribuer des dizaines d’OQTF (obligation de quitter le territoire français), et d’enfermer 15 personnes au centre de rétention de Vincennes. Ceux là avaient leurs empreintes enregistrées dans la base de donnée EURODAC et n’avaient pas pu entamer leurs démarches de demande d’asile en France.

La préfecture de Paris a donc pris des décisions d’expulsion pudiquement appelées « arrêtés de transfert » contre eux. En effet dans le cadre des accords dit de Dublin III, toute personne souhaitant demander l’asile dans un pays de l’union européenne est contrainte de le faire dans le pays par lequel elle est entrée. Ainsi quand elles arrivent en Europe les personnes migrantes essaient d’échapper aux autorités pour ne pas laisser traces de leur passage et pouvoir demander l’asile dans le pays de leur choix. Mais les contrôles aux frontières se renforçant toujours plus, ces personnes sont souvent capturées et contraintes par la force de laisser leurs empreintes qui vont alimenter la base EURODAC.

Ce samedi 25 février, 13 des personnes enfermées à la prison pour étranger de Vincennes comparaissaient devant des juges du tribunal administratif pour faire annuler les décisions d’expulsions prises à leur encontre après la rafle du mercredi 22.

Alors que la préfecture considérait qu’il avait déposé une demande d’asile en Bulgarie un jeune afghan a pu expliquer comment on l’a forcé à donner ses empreintes, montrant les traces de morsures des chiens policiers, et évoquant les nombreuses violences subies dans ce pays. Au fur et à mesure des audiences est apparu le fait que la préfecture de Paris avait pris des décisions d’expulsions vers d’autres pays européens sans même laisser la possibilité à ces pays de donner leur accord. De façon plus générale les personnes raflées ont été prises dans les filets d’une procédure expéditive et stéréotypée dans laquelle aucun de leurs droits si minimalistes soient-ils n’a été respecté, tel que par exemple le droit à une information dans une langue comprise. Au cours des audiences les juges demandaient aux migrants certains documents mais ceux ci ne pouvaient être fournis. En effet lors de l’opération policière, leurs quelques affaires et leurs papiers ont été laissés sur place et jetés à la benne.

Plusieurs des personnes qui passaient ont témoigné de l’impossibilité de déposer leur demande d’asile en France : impossibilité de rentrer dans le centre de premier accueil, refus de prendre en compte leur demande au sein du commissariat après l’interpellation, convocation à la préfecture à des dates lointaines…

On peut craindre que cette opération soit la première d’une longue série, à l‘image de ce qui s’est produit cet été et cet automne, quand la police effectuait des raids réguliers sur les campements.
La nouveauté est que cela se produit à côté d’un lieu mis en avant comme dispositif de refuge et de protection des migrants.
Dans la réalité on a pu constater que ce lieu est avant tout un centre de tri et d’identification qui permet de détecter les personnes ayant été contraintes de déposer leurs empreintes au cours de leur voyage, afin de les empêcher de demander l’asile et de les regrouper en vue de faciliter des procédures d’expulsions. Derrière les obstacles au dépôt de demande d’asile il faut aussi voir la volonté d’empêcher les gens de bénéficier de certains droits tels que l’allocation pour demandeur d’asile (6€80 par jour).

Les 10 personnes pour lesquelles les juges ont annulé les expulsions vers les pays dits d’entrée ont donc été libérées du centre de rétention de Vincennes… Et s’en sont retournées porte de la Chapelle espérant accéder au centre dit humanitaire et de premier accueil. Les autres ont été reconduites au centre de rétention de Vincennes.

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