Quand Bure irradie Paris, retour sur le futur...

Quand Bure irradie Paris, retour sur le futur de la lutte nucléaire en Meuse

Bure est un petit village à la frontière de la Meuse et de la Haute Marne dans l’Est de la France. En 2 000, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) y installe un laboratoire en vue de préparer l’enfouissement définitif des déchets radioactifs les plus nocifs. Dans les autres régions où l’Andra a essayé d’enfouir les déchets, la population a réussi à rejeter le projet.

Bure devient le nom d’une lutte.

Des dizaines de millions d’euros déversés chaque année dans les deux départements pour financer nouveaux lampadaires, nouvelles gendarmeries, nouveaux terrains de tennis, ravalement de façade ainsi que les promesses d’emploi ont permis à l’agence de commencer à s’implanter dans le sol et dans les esprits. Et pour celles ou ceux qui contestent le projet sur le terrain, la préfecture ne lésine pas sur les moyens : hélicoptères, drones, patrouilles de flics, arrêtés préfectoraux…

Le laboratoire a pu se construire, préparant la construction du centre d’enfouissement. Mais les travaux ne font que commencer et les premiers déchets sont censés arriver en 2025.

Il y a un an, pendant l’été 2015, un camp d’action international a été organisé sur place. Il s’agissait de se rencontrer, de comprendre les enjeux et les dynamiques locales, de tisser des liens afin d’appuyer et de relancer les différentes résistances déjà bien en place.

À la suite de ce camp, certain-e-s ont décidé de s’installer sur place, d’autres de passer régulièrement. Le collectif des Scotcheuses, (qui fait du cinéma, mais pas que) a décidé de tourner son prochain film à Bure.

En un an, les liens se sont renforcés. Assez pour que, lorsque l’Andra tente de s’emparer du bois communal de Mandres en Barrois (village voisin également concerné par le projet), la colère des habitant-e-s redouble de détermination. Assez pour qu’il paraisse inconcevable à leurs ami-e-s et soutiens venu-e-s de partout et d’ailleurs de les laisser seul-e-s dans la lutte. Et, de fait, assez pour modifier sérieusement l’agenda de l’Andra, à coup d’occupations, de recours juridiques, de sabotages ou de pique-niques. Les vigiles et les gendarmes mobiles n’ont pas servi à empêcher une occupation. Le mur de 2 m de haut et d’1 km de long qu’a construit l’Andra pour protéger les travaux de déforestation a été détruit joyeusement et en famille mi-aout par plus de 500 personnes armées de cordes, pioches et masses. Après ça confiture de mur !

C’est peu dire que l’été a été intense. Retrouvons-nous pour faire un bilan et dresser ensemble des perspectives de vive voix. Si la lutte à Bure a déjà un passé, il apparaît de plus en plus évident qu’elle a aussi un avenir. L’offensive à laquelle nous faisons face est militaire, économique et culturelle.

Il nous appartient de construire sur tous les plans pour ne laisser à l’État et à l’industrie d’autres options que l’abandon du projet – et du nucléaire en général.

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P.-S.

Pour se rencontrer, s’informer, bricoler rendez-vous le 25 septembre à la Parole Errante !
Programme :

14 heures : Projection et débats sur la lutte.
17 heures : Ateliers participatifs (banderolles, contruction véloprojo, atelier super 8, vers un comité de soutien parisien)
19 heures : Repas
20 heures : Spectacle

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