Pour en finir avec les viols, crimes et violences policières

Tract rédigé pour le rassemblement du 10/02 à 18h au forum des halles (Place carrée).

Les policiers dont Théo a malheureusement croisé le chemin n’ont pas mal agi – ils ont fait leur travail pleinement et de la meilleure manière qui soit. Ce ne sont donc pas les anomalies d’une institution dont il faut faire la critique ; c’est plutôt l’institution dans sa totalité et sa normalité qui doit faire l’objet de nos combats et de nos attaques stratégiques. Voilà pourquoi tous les flics sont (vraiment) des bâtards.

Selon une liste non-exhaustive dressée par un collectif militant, les rencontres avec la police depuis 2005 ont fait pas moins d’une centaine de morts et d’une trentaine de blessés graves. Et cela bien sûr, sans compter les humiliations quotidiennes dans les quartiers populaires, le harcèlement policier par les contrôles continus d’une partie de la population, le racisme qui structure l’institution policière, qui elle-même construit en retour la hiérarchie raciale, mais également les gaz lacrymogènes et les flashball, en manifestation ou ailleurs, les grenades et les coups de matraque. Une série de stratégies répressives qui brise les os et brûle la peau des hommes et des femmes qu’elles trouvent sur leur passage, et qui tente – en vain – de réduire au silence la contestation de l’ordre établi.

Mais soyons clairs d’emblée : aucune bavure ici, aucun dérapage de policiers mal avisés ayant « dépassé les limites » qui auraient été soigneusement fixées par leur hiérarchie. Aucune anomalie d’une institution qui se serait affranchie un instant de la mesure ordonnée par le pouvoir politique. Aucun « manque de discernement » de la part de policiers un peu trop brutaux qu’il suffirait alors de sanctionner pour rendre justice. C’est là ce que veut nous faire croire le gouvernement en prétendant « lutter avec la plus grande fermeté » (pour reprendre l’expression consacrée) contre les abus de certains policiers trop peu regardant envers l’éthique professionnelle. Rien de tout cela.

Aucune anomalie — bien au contraire : il s’agit là du fonctionnement normal d’une institution policière à qui l’on permet tout parce que c’est précisément sa raison même d’exister. C’est l’institution policière qui produit les lois dont elle a besoin à un instant t pour assurer la seule fonction qu’elle revêt : la reproduction pérenne de l’ordre capitaliste et des dispositifs de domination qui assurent son hégémonie. Une institution policière parfaitement normale et moderne, prenant ses racines dans les confins de la république : tant dans les lois scélérates du XIXème, que dans la gestion impérialiste des populations coloniales dans les années 60 (qui se poursuit aujourd’hui à travers la gestion néocoloniale de la population des quartiers populaires et racisés), ou dans les différentes lois « anticasseurs » les plus récentes.

Les policiers dont Théo a malheureusement croisé le chemin n’ont pas mal agi – ils ont fait leur travail pleinement et de la meilleure manière qui soit. Ce ne sont donc pas les anomalies d’une institution dont il faut faire la critique ; c’est plutôt l’institution dans sa totalité et sa normalité qui doit faire l’objet de nos combats et de nos attaques stratégiques. Voilà pourquoi tous les flics sont (vraiment) des bâtards.

Pour lutter contre elle, il faut donc voir la police comme ce qu’elle est : une milice légale, le bras armé de l’État, une bande armée au service de la loi. Face à elle et pour lui tenir tête, il ne peut y avoir que des luttes collectives et coordonnées. Pour refuser, premièrement, l’hégémonie sécuritaire qui porte et légitime la police et sa violence ; nous ne voulons pas être sécurisés vis-à-vis des exactions policières, mais nous détacher de l’exigence de sécurité. Pour être déterminés, deuxièmement, à ne plus se laisser faire et à riposter. La barricade n’a que deux côtés. Formons des groupes, comités et collectifs de quartiers, villes, villages, universités et lycées. Informons-nous et formons-nous à leur rendre coup-pour-coup. Par la protection des personnes les plus vulnérables face à la police, d’abord. Par le soutien de toutes les victimes et leur famille, ensuite. Mais aussi par des initiatives organisées et spontanées, et par tous les moyens qui permettront, d’une manière ou d’une autre, d’entraver le travail de la police. Pour qu’il n’y ait plus de Zyed, de Bouna, de Rémi, d’Adama, de Hocine, de Théo, d’Amine, d’Ali, de Malik, ni d’aucun.e des autres de la liste macabres dont l’exhaustivité est profondément enfouie dans les archives du Ministère de l’Intérieur. Pour s’affranchir de la violence légale au service de l’État et de ses lois. Pour ne plus dépendre des institutions qui n’existent que pour notre défaite.

Justice pour Théo et toutes les victimes de la police - soyons ingouvernables !

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