Pendons les aménageurs tant qu’il reste des arbres !

Chers penseurs, politicards, aménageurs, sous-traitants et autres complices de grands projets inutiles,

Merci. Merci pour tout ce que vous faites. Pas que vos calculs soigneusement mesquins ne nous intéressent. Pas que je sois séduite par vos manières abjectes d’aménager nos vies. Pas que le modèle d’existence que vous répandez à grand renfort de béton, de fausses discussions et de répression me fassent présager un avenir radieux et que vos idées de progrès ne me donne pas envie de me vomir dans la bouche. Pas que vos jeux politiciens et cette manière pathétique de vous congratuler de vos entreprises mortifères en vous serrant la main d’une petite moue satisfaite ne m’inspirent autre sentiment que du dédain. Pas que toute la binarité spectaculaire de vos grands sourires médiatiques et de vos accouplements mafieux dans l’ombre du pouvoir ne construisent d’autres déterminations que celle d’ériger nos mondes joyeux sur les cendres du vôtre. Pas que votre vision algorythmique et mécanique de la nature et des êtres, à grand renfort d’études, de projets, de statistiques, de bilans, de mesures compensatoires et d’autres éléments linguistiques suppositoires sonne à jamais le glas de notre espoir. Pas que vos discours ectoplasmiques, autocratiques et d’autres trucs en -ique, vos discours vides, et votre grosses bottes sémantiques dans nos existences ne me rappellent pas la propagande malheureusement bien vivante de temps incertains que je n’aurais jamais pensé vivre, une histoire trouble écrite jusqu’à ce jour par les dominants.

Non je ne vous remercie pas pour ce que vous êtes, ni pour ce que vous symbolisez.

Je vous remercie parce que vos attaques, de moins en moins feutrées, sont plus grossières, et donc plus visibles. On ne peut décemment plus croire en vous. Parce que vos accaparements de territoires se font à grands coups de matraque, de transactions opaques d’argent, d’accords de principe, d’arrivée massive de pelleteuses foreuses bulldozers et autres débardeuses, de conflits d’intérêts à peine dissimulés. vous avez découvert votre vrai visage. Celui que vous aviez soigneusement enfoui sous un masque souriant et lisse mais néanmoins répugnant : celui de la sociale-démocratie.

L’incohérence de vos décisions crève les yeux (tout comme les flashballs des chiens de garde qui vous protègent). Vos intrusions dans notre quotidien dépoussièrent la colère et la volonté de faire barrière à votre entreprise par tous les moyens.

En balafrant le visage de la forêt de Mandres en Barrois de saignées impitoyables ; en rasant, comblant, déplaçant, copiant, collant, recoupant ; en tentant de dix milles manières absurdes et violentes l’expulsion de Notre Dame des Landes ; en acceptant de travailler à créer des frontières, physique et mentales là où vous posez des préfabriqués des murs des enceintes des rasoirs ; en utilisant une justice qui sert de bras de lance à toutes les injustices de classes pour servir votre vision ; en calculant le taux de rentabilité de vos catastrophes ; en installant des cactus, pics acérés et autres pseudo-décos offensives pour bouter les stagnants et ainsi favoriser une certaine circulation des corps dans l’espace urbain, celle du consumérisme ; en envoyant vos sbires matraquer les gens qui refusent sensiblement votre monde parce qu’il a les pneus crevés et qu’il pue la misère ; en grillageant et barbelant ce qui nous appartient et nous revient de droit d’usage ; en écorchant les paysages reposants de nos rêves ; vous avez ouvert des fronts. Des fronts qui défoncent les murs des dédales de couloirs dans lesquels vous nous aviez placé-es dès notre venue au monde. Qui donnent la parole et ouvrent l’espace nécessaire à l’anti-autoritarisme, la joie, la solidarité et le partage. Qui chantent en chœur nos rébellions autrefois atomisées dans des villes hostiles. Des fronts qui fixent les gens là dans les futurs nœuds des flux où vous fantasmiez que tout circule au plus vite, au plus efficace, au plus rentable.. Des fronts qui détracent les chemins d’une carte que vous aviez toute tracée pour nous enfermer sous la peau artificielle du monde. Qui nous permettent de composer une mélodie autre, sans oreilles pré-mâchées, sans partition vernissée à la croche capitaliste, sans histoires déjà écrites avec la médiocrité dont vous avez toujours fait preuve.

Et sur vos fronts se posent les franges organisées d’un mouvement que rien ne peut essouffler, celui de l’autonomie ! Géographique brrr, politique brrrr, alimentaire brrrr, affective brrrrr ça vous donne des sueurs froides dont le nectar réchauffe nos gosiers ! Hihihi – rire jusqu’au ciel.

Des forêts et de toutes les interstices que vous vouliez faire déserts sortent des oasis : on s’est installés et merci, merci, qu’est qu’on vit bien ! On mange bien, on discute bien, on construit bien, on plante bien, on rit bien, on fait bien la fête, on réfléchit bien, on écrit bien, « on arrache bien à la seconde sa charge explosive » ! Et vous n’êtes pas au bout de vos peines, car cette énergie se transmet. Et cette circulation n’est pas de l’ordre de celles qui se punissent avec des contraventions !

De Notre-dame des Landes à la forêt libérée de Mandres-en Barrois, résistance !

PENDONS LES AMENAGEURS TANT QU’IL RESTE DES ARBRES !

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