Montreuil. 13 familles Roms à la rue depuis le 28 juillet

Le 28 juillet 2016, treize famille Roms qui vivaient depuis six ans au 250 boulevard de la Boissière à Montreuil (Seine-saint-Denis), ont été brusquement expulsées de leurs habitations et jetées à la rue. Aucune solution de relogement pour les quarante personnes dont dix-neuf enfants n’a été prévue ni par la Mairie demandeuse de l’expulsion, ni par la Préfecture qui l’a faite exécuter.

Quant au diagnostic social imposé par la loi, il a fallu attendre un mois pour qu’il soit enfin réalisé par la société Adoma, après une forte mobilisation des familles, des associations et des personnes solidaires. Depuis maintenant plus de quarante jours, des enfants, dont certains n’ont que quelques mois, dorment dans les rues de Montreuil, sans abri, sur un matelas posé à même le sol.

Familles Roms à la rue. Montreuil août 2016
Familles Roms à la rue. Montreuil août 2016

Désireuse de réaliser une vaste opération immobilière sur la zone où habitaient ces familles, la mairie de Montreuil n’a pas anticipé le relogement des Roms qui ne sont plus les bienvenus dans la ville, alors qu’ils y vivent depuis dix ans et que beaucoup de leurs enfants y sont nés et y sont scolarisés. Les familles Roms sont d’évidence les laissés pour compte d’un processus impitoyable de gentrification qui tend à remplacer l’ancienne population par des nouveaux habitants plus fortunés. En effet, que demande la Mairie depuis six semaines à ces familles Roms ? De disparaître, purement et simplement. De vider les rues de Montreuil et de faire place nette. La police vient ainsi les chasser régulièrement, les pourchassant parfois à travers la ville, des coins de trottoir où, épuisées, elles posent leur barda pour la nuit. Depuis quelques jours, après avoir été expulsées d’un square où elles avaient trouvé un refuge précaire, les familles ont déplié leurs tentes dans un recoin de la place de la mairie mais elles ont été averties qu’elles en seraient chassées avant dimanche.

Non contente de ne pas respecter le principe fondamental de l’intérêt supérieur de l’enfant, de bafouer les droits de l’enfant et de porter atteinte à la dignité humaine, la mairie de Montreuil ne dit pas la vérité à ses concitoyens qui s’étonnent de voir des petits dormir dehors. Elle propage de fausses informations sur des relogements prétendument proposés à toutes les familles et refusés par elles. Pourtant, elle n’est pas capable d’apporter les preuves de ces propositions de relogement puisqu’elles sont fictives ! Seul un couple avec deux enfants, dont un prématuré de quatre mois, a pu bénéficier de deux semaines d’hôtel après plus de trente jours dans la rue. Le maire de Montreuil ne veut rien faire pour ces familles et reporte la responsabilité de cette situation sur l’État. C’est ainsi que municipalité, préfecture et ministère du logement se renvoient la balle, tandis que les conditions de vie empirent pour les quarante personnes qui n’en peuvent plus de vivre dehors, sans sanitaires ni douches.

L’expulsion, aussitôt suivie d’une destruction des bâtiments et de tout ce que les familles n’ont pas pu emporter dans l’heure qui leur a été donnée pour plier bagage, les a privées de leurs habitations mais aussi de la marchandise qu’elles entreposaient en attendant la revente sur le marché des biffins. Plus de logement, plus de travail : les femmes sont obligées de mendier pour survivre. Les propos racistes se multiplient autour de ces habitants sans logis, qui sont pourtant des montreuillois comme les autres. La mairie laisse pourrir la situation, et prend le risque qu’un accident survienne, plutôt que de prendre ses responsabilités et de mettre les familles à l’abri.

La mobilisation de nombreux montreuillois et montreuilloises, celle de plusieurs associations dont Rom Réussite, du collectif des cinéastes, du RESF, d’ATD Quart Monde, de l’église catholique, de communistes combattant la décision du maire communiste, de militants Rroms, d’anarchistes et de personnes indépendantes, et a donné lieu à un collectif de solidarité réuni autour des treize familles Roms expulsées de la Boissière. Ce collectif, qui se bat pour que soit reconnu le droit des familles a être relogées dans des conditions dignes et qui assure une aide quotidienne, se rassemble tous les soirs sur la place de la mairie (place Jean-Jaurès) à partir de 18 heures. Ces réunions sont ouvertes à tous ceux que la situation des familles Roms à la rue révolte et qui veulent s’informer ou participer à les aider.

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