Suivi quotidien de la mobilisation contre la COP21 - journées du 29 et 30 novembre

Depuis le début de la semaine la répression s’est intensifié sur les mouvements de contestation contre la COP21. Après les convocations arbitraires et les assignations à résidence un peu partout en France, la préfecture a aussi organisé, depuis quelques jours, des raffles au faciès dans les rues et le metro de Paris de personnes qui auraient des têtes de ZADiste.
Pourtant malgré la tentative d’intimidation la mobilisation continue. Vous trouverez dans cet article le suivi du 2 décembre et des derniers jours.

En bref :
  • Appelle à se joindre à la manifestation des chômeurs de ce samedi 5 décembre afin de répondre à la répression et pour continuer car la Cop21 sera sociale ou ne sera pas !
  • 17 h : Les anonymous ont hacké deux sites des Nations-Unis aujourd’hui en soutien aux manifestant.es réprimé.es ce dimanche.

Suivi du 1er au 6 décembre
Live updates in english.

Retrouvez le programme des mobilisations à venir sur anticop21.org

Pour transmettre des infos, écrivez-nous à anticop21-automedia [at] riseup.net.
Pour contacter le collectif de soutien aux manifestants pendant la COP21 : +33(0)7.53.39.35.45 et cosomi [at] riseup.net

Appelle à se joindre à la manifestation des chômeurs de ce samedi 5 décembre afin de répondre à la répression et pour continuer car la Cop21 sera sociale ou ne sera pas !

Le suivi des journées suivantes disponibles ici

Suivi de la journée du 30 novembre

  • 21h : Ce soir, voici le bilan juridique provisoire qu’on peut faire.
    La préfecture a annoncée 317 gardes à vue suite à la manifestation sur la place de la République hier. Le collectif d’aide aux manifestants a pu suivre environ 95 d’entre elles grâce aux informations données par les proches des personnes gardées à vue. Le motif des gardes à vue semble principalement avoir été le fait de continuer volontairement à participer à un attroupement après les sommations. Aucun manifestant-e-s ne se souvient d’avoir entendu la moindre sommation.
    La plupart des gardes à vue ont été levées cette après-midi, mais neuf ont été prolongées.
    Il y a également eu, à la connaissance du collectif, cinq personnes étrangères qui ont été envoyées en centre de rétention : deux suite à un contrôle dans le métro samedi et trois après la manifestation d’hier. Même munies de papiers en règle, elles sont menacées d’expulsion et d’interdiction du territoire français pour trouble à l’ordre public. A ce stade deux d’entre elles sont sorties du CRA.
  • 18h : Toujours selon la même source, 308 personnes ont été libérées et restent susceptibles d’être poursuivies pour "participation à une manifestation non autorisée". Selon Le Figaro, 9 gardes à vue ont été prolongées.
  • 14h30 : selon l’AFP, il y a eu hier 341 interpellations, dont 317 se sont soldées par des gardes à vue.

Suivi de la journée du 29 novembre

Dimanche 29 novembre, en début d’après-midi, 4 000 à 5 000 personnes se sont rassemblées sur la place de la République, bloquée de toutes parts par la police. Une manifestation est partie sur l’avenue de la République malgré l’interdiction et l’armada policière. Les flics ont bloqué la manif un peu plus loin sur l’avenue, matraquant et lançant des gaz lacrymogènes et des grenades sur les manifestant-es. Des affrontements ont alors eu lieu sur l’avenue et la place de la République. Après avoir bloqué tous les accès, la police a continué à charger les manifestant-es à travers la place. Des affrontements et tentatives de départ en manif ont continué malgré tout.

  • 22h : les personnes arrêtées sont dispatchées dans toute la région parisienne. Au moins un car a été envoyé au TGI de Bobigny. Pour au moins une personne mise en garde à vue, l’inculpation est "participation à une manifestation interdite".
  • 19h45 : presque tout le monde a été relâché à République, après une palpation mais sans contrôle d’identité. Quelques personnes ont quand même été triées et embarquées.
  • 19h15 : selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, il y a eu 208 interpellations et 174 gardes-à-vue ont été prononcées.
  • 18h50 : appel à soutien devant le comico de l’Evangile (32 rue de l’Évangile, Paris 18e, métro Marx Dormoy).
    Il y aurait, au total, plus de 170 interpellations.
  • 18h45 : sur la place de la République, 150 personnes sont toujours prises dans la nasse policière. Les flics ont interpellé pas mal de monde au début, puis ont cessé. La situation est figée dans une sorte de statu quo. Les flics attendent les ordres.
    Des gens qui avaient été embarqué-es dans des cars sont relâché-es après contrôle d’identité.
  • 18h15 : environ 200 personnes sont prises dans la nasse au croisement place de la République et boulevard Magenta. Les gens se font arracher du groupe un-e par un-e.
  • 17h30 : plusieurs centaines de personnes ont été embarquées et conduites dans plusiers commissariats, dont beaucoup dans le 18e. Des gens vont attendre les personnes interpellées devant le commissariat de l’Évangile.
  • 17h : de nombreux contrôles de police à Barbès, où des personnes ont été interpellées.
    150 personnes sont encore nassées sur la place de la République et se font embarquer violemment. En tout, ce sont plusieurs centaines de manifestant-es qui ont été interpellé-es.
  • 16h40 : à République, 200 personnes se trouvent toujours dans la nasse. Il y aurait des tirs tendus de grenades et des interpellations par ailleurs.
  • 16h30 : une centaine d’arrestations au minimum sont confirmées. Deux cars de police sont en train d’embarquer d’autres personnes encore.
JPEG - 153.1 ko
  • 16h20 : le préfet de police de Paris vient d’annoncer sur France-Info que, depuis le début de la journée, une cinquantaine de manifestant-es ont été arrêté-es. Mais d’autres arrestations semblent être en cours... Une cinquantaine de personnes sont dans un panier à salade place de la République. Au moins un autre fourgon avec des personnes arrêtées est prêt à partir côté rue du Fauboug du Temple. Les manifestant-es hors nasse restent sur les côtés pour soutenir les personnes embarquées.
  • 16h15 : dix fourgons de gardes mobiles se déploient place du Colonel-Fabien.
  • 16h10 : trois fourgons de police partent du boulevard Magenta. L’un d’entre eux a sûrement des manifestant-es arrêté-es dedans...
  • 16h : des renforts de gardes mobiles arrivent du côté de la nasse située rue du Faubourg du Temple, où les flics embarquent des gens. Au moins 150 personnes sont en manif sauvage, plus d’autres qui essayent de les rejoinde en soutien. Les flics essayent de les disperser ou de les repousser vers la place de la République.
  • 15h45 : deux nasses sont en cours sur la rue du Fauboug du Temple et le boulevard Magenta. Beaucoup de flics sont melangés aux gens. Les flics chargent celles et ceux qui étaient hors des nasses, plusieurs centaines de personnes partent en manifestation sauvage !
  • 15h30 : des gens sortis de la place de la République se regroupent derrière les lignes de CRS et scandent "État fasciste, État policier".
  • 15h25 : il n’y aurait pas moins de 3 nasses policières sur la place de la République. De quoi faire un peu de chiffre pour faire plaisir au Préfet et à ses stats. Des gens peuvent encore sortir un par un mais les flics fouillent les sacs à la sortie de la place de la République. Les flics ne laisseraient pas sortir tout le monde.
  • 15h20 : fouille des sacs à la sortie de la place de la République. Les flics ne laisseraient pas sortir tout le monde.
  • 15h05 : une charge de plus d’une centaine de CRS vient d’avoir lieu du côté de l’avenue de la République et occupe la moitié de la place. Ils chargent l’autre moitié de la place en empêchant les gens de sortir. Les flics lancent différents types de grenades (dont des grandes à fragmentation).
  • 15h : Environ encore 2000 personnes sur la place. Les flics lancent de nombreuses grenades offensives (dont plusieurs à tir tendu !), les manifestant-es caillassent en retour : chaises, pavés, chaussures, un peu tout y passe. Plusieurs charges, puis reflux de la police. Une personne au moins a été blessé par un éclat de grenade.
PNG - 131.2 ko
  • 14h45 : énième gazage et charges sur la place, après que les flics aient reçu divers projectiles, dont de nombreuses chaussures. Le métro est fermé. Affrontements du côté de la rue du Temple, nouvelles salves de gaz. Toute la place est sous les gaz, la nasse est fermée, les gens peuvent sortir un-e par un-e du côté du boulevard du Temple.
JPEG - 160.8 ko
  • 14h40 : ça regaze sur une bonne partie de la place. Les flics semblent avoir décidé de disperser le rassemblement. Une heure de manif’ c’est déjà trop pour eux. Le métro reste ouvert.
  • 14h30 : affrontements rue du Temple/rue de Turbigo, les flics lancent des gaz lacrymos sur les manifestant-es.
  • 14h20 : un hélicoptère arrive au-dessus de la place, des gens continuent à en faire le tour.
  • 14h15 : les gens refluent sur la place de la République, des gens se couchent à terre (10-15 personnes) en première ligne devant les CRS. Impossible de sortir de la place de la République, excepté en métro.
PNG - 234.6 ko
  • 14h : des affrontements commencent en première ligne. Des grenades de désencerclement sont lancées par les flics.
  • 13h50 : les manifestant-es s’engagent avenue de la République, les flics les attendent un peu plus loin et gazent. "État d’urgence, État policier ; on ne nous empêchera pas de manifester".
  • 13h45 : 4000 à 5000 personnes sur la place de la République. Une tentative de départ en manifestation est en cours, certaines personnes font le tour de la place et les flics réagissent en bloquant le Boulevard Magenta. La nasse policière ferme complètement la place de la République.
  • 13h40 : une nouvelle ligne de flics vient de se positionner à l’entrée de l’avenue de la République. 4 axes sur 7 sont maintenant bloqués au moins à la sortie.
  • 13H30 : la chaîne humaine est terminée et vu le nombre de personnes qui y ont participé, le boulevard Voltaire est coupé à la circulation. Bref, c’est un joyeux bordel !
  • 13h10 : la chaîne humaine est finie ; les participant-es rejoignent République, seule l’avenue de la République ne semble pas bloquée.
  • 13h : 2000 personnes sur la place de la République. Rue du Faubourg du Temple, Bd du Temple et Bd Voltaire viennent d’être fermés aux personnes qui veulent sortir de la place.
  • 12h50 : les flics ont fermé la sortie de la place côté rue du Faubourg du Temple. Ils laissent les gens entrer mais plus sortir par cet accès-là.
  • 12h40 : très forte présence policière sur toutes les rues alentours (à part la rue de Turbigo pour le moment) mais peu d’uniformes sur la place-même. On signale plusieurs contrôles d’identité aux alentours, qui n’ont donné suite à aucune arrestation.
    JPEG - 85.1 ko
  • 12h30 : de nombreux et nombreuses manifestant-es étrangers n’ont pu venir jusqu’à Paris ce weekend. Hollande se félicite d’avoir bloqué un millier de personnes aux frontières, les assimilant dans sa com’ à des terroristes. Vendredi, ce sont par exemple des militant-es bruxellois-es qui ont été refoulé-es et raccompagné-es manu militari après la prise de leurs identités.
  • 12h15 : contrôle de police dans le métro à République. Les flics ne sont pas visibles sur la place. Par contre, très forte présence policière sur toutes les rues alentours.
  • 12 h : plusieurs milliers de personnes forment une chaîne humaine sur le Bd Voltaire depuis Nation jusqu’à d’Oberkampf. La moindre tentative de quitter le trottoir pour occuper la rue est très vite réprimée.
  • 11h40 : à République, la situation est calme, pas de contrôle, beaucoup de chaussures.
  • 11h : un peu de monde sur la place de la République. Pas de flics en vue et l’accès à la place n’est pas fermé.

Le précédent suivi, jusqu’à hier soir.

Mobilisation, Place de la République le 29 novembre 2015 à 12h

Depuis des mois, la mobilisation contre la Cop 21 est lancée. Parce que nous refusons de croire à leurs mensonges. Parce que nous ne mettrons pas l’avenir de la planète entre les mains de ceux qui la détruisent. Parce que l’idée même de "capitalisme vert" nous donne envie de rire.

Depuis des mois, la Cop 21 s’annonçait comme une grande mascarade. L’énième carnaval de bonnes intentions affichées par nos gouvernants, petits représentants de commerce à la solde des grands pollueurs, des marchands d’armes et de pétrole. Nous savions ce qu’ils nous préparaient : la militarisation de Paris et de ses banlieues, la criminalisation des opposants et des mouvements sociaux, le contrôle, le flicage. Tout cela justifiait largement notre rage et notre volonté d’opposer à leur cortège mortifère le monde que nous inventons.

Et puis il y a eu l’état d’urgence, l’interdiction de manifester, les 58 convocations pour violation de l’interdiction, les gardes-à-vue, les perquisitions par centaines, les privations de liberté sans fondement juridique. Nous qui dénoncions des mensonges devont ici reconnaître une chose à l’État : son insolente franchise. Grâce à sa guerre contre le terrorisme, il ne cherche plus à se cacher de rien. Il vit au grand jour son fantasme d’une société bâillonnée, contrôlée, à sa botte.

L’état d’urgence sert désormais à réprimer violemment les mouvements de contestation de la COP 21. Nos amis assignés à résidence le sont jusqu’au 12 décembre. Nos lieux de réunion ont été visités par des flics dont la brutalité n’a d’égale que la bêtise. Nos rassemblements ont été interdits. Et tout cela avant même le début de leur COP !

Plus que jamais nous appelons toutes et tous à se rassembler demain, dimanche 29 novembre, à 12h place de la République à Paris. Ces rues sont les nôtres, nous ne les laisserons pas s’en emparer.

Contre la COP, contre l’état d’urgence, contre l’État policier !

Appel de l’Assemblée parisienne contre la COP21 à une présence anticapitaliste le 29 novembre 2015 à République

Dimanche 29 novembre, l’Assemblée parisienne contre la COP21 appelle à un grand rassemblement dès 12h sur la place de la République.
Nous ne laisserons pas l’État décider à notre place. Nous ne voulons ni de ses fausses solutions pour le climat, ni de ses interdictions de nous retrouver dans la rue.
Si l’accès à la Place de la République est rendu impossible dimanche par l’état d’urgence, nous appelons à marcher partout ailleurs dans Paris avec nos slogans et nos idées.

Le texte d’appel de l’AG anticop21 :
<articlesimple4138>

Autres appels à mobilisation

D’autres refusent de laisser la rue à l’armée ou à la police et appellent à manifester pour le climat, le 29 novembre, place de la République, malgré l’interdiction du gouvernement.
<articlesimple4264>

L’Action antifasciste Paris-Banlieue appelle à réagir face à la répression, aux arrestations et au recul des libertés syndicales, d’opinion ou de réunion en prenant part au cortège anticapitaliste dimanche 29 novembre, place de la République. Leur communiqué :
<articlesimple4317>

Le communiqué de presse des Initiatives Décroissantes sur le 29 :
<articlesimple4227>

Pour info, la Coalition Climat, qui avait accepté l’interdiction de manifester le 29 novembre, appelle maintenant à une "chaine humaine pour le climat".
Communiqué de presse

Brochure et contact du collectif de soutien aux manifestants interpellés

Pour apporter des compléments d’infos et contacter l’automédia : anticop21-automedia@riseup.net
Info et contact juridique antiCOP21 : contact du collectif de soutien aux manifestants interpellés : +33(0)7.53.39.35.45 et cosomi [at] riseup.net

Legal Team : contact juridique antiCOP21 :
<articlesimple4298>
<articlesimple4159>
<articlesimple4089>

Toutes les infos juridiques mises à jour sur le site anticop21.org

Communiqué de la Commission d’aide aux manifestant-e-s
<articlesimple4342>

Conseils en manifs

Quelques conseils juridiques en vue des manifestations, interdites ou non :
<articlesimple4214>
<articlesimple1441>

Les infos juridiques principales face à l’état d’urgence :

Un guide juridique complet :

Autour de l’état d’urgence

Publiez !

Comment publier sur Paris-luttes.info ?

Paris-luttes.info est ouvert à la publication. La proposition d'article se fait à travers l’interface privée du site. Quelques infos rapides pour comprendre comment y accéder et procéder !
Si vous rencontrez le moindre problème, n’hésitez pas à nous le faire savoir
via le mail paris-luttes-infos chez riseup.net

}