L’agent, son assermentation, son bloc-note, son uniforme, ses prérogatives.

Détails de mon altercation avec la police (dans le quartier du 18e).

Hier, 4 juillet, à 11h 50, dans le haut du quartier de Montmartre, alors installé en terrasse Rue Gabrielle pour un rdv professionnel, j’entends un policier appeler : « eh la Romish la Romish tu viens tout de suite »

Une femme rom le suit alors. Je leur emboite le pas à mon tour et monte les marches avec eux pour me tenir à proximité du contrôle de 6 femmes dont 4 étaient enceintes. Les policiers leurs ont fait déchirer leurs papiers de sollicitations à signature qu’on connait tous. Puis les ont maintenues debout, en ligne, les tshirt levés jusqu’aux seins afin de vérifier un éventuel faux ventre.
Le temps d’exposition de leurs ventres était bien trop long pour être nécessaire et elles étaient ainsi livrées à la vindicte des touristes de la place du Tertre. Le Policier en charge de l’équipe (trois policiers) était particulièrement émotif et bousculait les femmes qui obtempéraient pourtant.
J’ai compris qu’elles étaient accusées du vol d’une boîte de thon .
Il leur a ordonné de tourner sur elles-mêmes, et de se tenir contre le mur en ajoutant la phrase : « pendant qu’elles cuisent au soleil elles ne volent pas » . L’un de ses collègues a éclaté leurs deux stylos au sol. Leur commandant lui disant de faire attention à ne pas laisser de la « vermine » au sol.
Il s’est ensuite adressé à moi par un « Bonjour Monsieur », ne lui ayant pas répondu, il a insisté en me demandant si j’étais étranger, si je le comprenais. J’ai ramassé les morceaux de stylos restant à ses pieds et suis parti les jeter avec l’autre policier en lui disant « ce doit être difficile d’obéir à des ordres racistes » .

Puis j’ai pris du recul et trois photos afin de leur signifier qu’ils étaient vus et que tout l’entourage ne cautionnait pas pareille humiliation.

Le chef ayant été informé de mes photos, m’a alors pris en chasse dans les escaliers. J’ai filé me rasseoir avec mon collègue.
Le policier est alors arrivé en criant : « lève-toi tout de suite toi, tout de suite ! » main sur son arme.

Je n’ai pas bougé dans un premier temps lui signifiant que son tutoiement était malvenu.

Il m’a alors demandé de lui donner mon portable en insistant sur le fait qu’il ne m’avait jamais tutoyé.

Je lui ai dit que je ne l’avais pas.

Il m’a signifié devoir procéder à un contrôle car selon la loi je n’avais pas à le prendre en photo sans lui demander son avis.

Je lui ai dit que je prenais en photo un lieu touristique de Paris.

Ses collègues arrivés, ils m’ont intimé l’ordre de me lever sous peine de venir me chercher par la force. J’ai alors dit que j’acceptais de me soumettre à une palpation et de donner mon identité n’ayant rien à me reprocher.

M’étant levé ils ont essayé de m’attirer à l’écart. J’ai protesté calmement en disant ne pas vouloir m’éloigner des témoins ayant eu de mauvaises expériences avec la Police.

Il a dès lors fait consigner par un de ses collègues que je « haïssais » la Police .

Ayant fait vérifier mon identité par talkie, (je ne lui ai pas donné de papiers d’identité) il m’ a ensuite menacé d’un rapport sur mon attitude agressive envers la Police.

J’ai tenu a préciser que mon attitude n’avait jamais été agressive et il me coupait la parole en répétant : « vous m’insultez monsieur , vous m’insultez, vous me traitez de raciste. Je vous ai dit bonjour tout à l’heure et vous ne me répondez pas alors que ça se voit que vous êtes français ! »

Riant de sa remarque je lui dis que sans doute il pourrait reconnaître un musulman s’il en voyait un .

Il me rétorque : je ne vois pas d’arabes ici moi ! vous avez un problème avec les arabes ?
avant de demander à un de ses collègues : « peux-tu écrire que Monsieur à un problème avec les arabes ? »

Je lui ai dit qu’il était visiblement susceptible et que parler avec lui m’attirerait des ennui au vu de son goût pour la procédure.

Il me répond ne jamais avoir fait de procédure alors que ses patrouilles lui en donnaient l’occasion.

Je lui ai dit que je lui souhaitais de quitter le terrain qui, visiblement lui « usait son amour pour ses semblables » et que je lui souhaitais d’évoluer (sous entendu dans sa hiérarchie).

À ça il a également tenu à faire consigner que je l’accusais d’être idiot.

Ils sont ensuite partis me menaçant d’écrire un rapport sur moi.

J’ai alors repris le cours de mon RDV. Le Policier est revenu 15 minutes plus tard me tendant un PV sur lequel est stipulé :

« bruits, tapages injurieux de nature à troubler la tranquillité publique de par sa durée, sa nature, son intensité et sa fréquence »

Il m’a alors lancé : « on se retrouvera au tribunal ou dans la rue, j’y veillerai »

Pour résumer , je me suis protégé en demeurant dans un endroit où il y avait du public. J’ai ainsi recueilli le mail et le nom d’une femme qui se trouvait en terrasse et qui m’a dit être consciente qu’il hurlait alors que je restais plus calme que lui.

En ce qui concerne les injures, mon collègue qui était assis près de moi peut certifier ne pas m’avoir entendu proférer la moindre injure, si ce n’est des saillies ironiques.

L’émotion particulière de cet agent avec les femmes, avec moi, sa confusion à trouver un mobile de contravention, me font penser à la nécessité de neutraliser ses mauvaises intentions.
Une amende ou une convocation ne m’impressionnent pas. Toutefois je suis prêt à mener cette procédure à son terme afin de mettre en lumière la consternante capacité de cet agent à abuser de son autorité.

La bonne nouvelle aura été que l’équipe entière s’étant déplacée pour s’occuper de moi, elle aura laissé ces femmes en paix.

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Thomas

P.-S.

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En ce qui concerne l’IGPN , j’ai quelques réserves. Je suis fils de Policier, et j’ai tenu par le passé à signaler les exactions que lui et ses collègues fanfaronnaient à mes oreilles et la violences de leurs propos. L’agent de l’IGPN qui m’a reçu m’a reproché de façon particulièrement virulente mon intention de dénoncer mon père.

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Mes questions :
puis je m’associer à d’autres plaintes ?
J’ai conscience du caractère bien moins urgent que les exactions commises sur les réfugiés ou les passages à tabac, toutefois ne serait-il pas utile d’exposer l’agissement des forces de l’ordre dans un prisme plus généraliste ?
Que demander à la personne qui m’a donné son mail et qui ne me semble pas prête à se mouiller en témoignant pour moi, tout juste à écrire quelquechose ( c’est une sensation ).

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