Le 16 décembre : verdict du procès du flash ball

Le 8 juillet 2009, le squat La Clinique est expulsé à Montreuil. Lors d’un rassemblement suivant cette expulsion, les flics tirent au flash ball au niveau du visage et éborgnent une personne présente. A partir du lundi 21 novembre va avoir lieu le procès de 3 policiers accusés de violences dans ce cadre... Après de multiples renvois les flics se retrouvent finalement devant un tribunal.

Vendredi 16 décembre le tribunal rend son verdict : 7 et 10 mois de sursis et 12 mois d’interdiction de port d’arme pour 2 des policiers, aucune interdiction d’exercer. Pour le détail du verdict, voir les retours twitter et le communiqué du collectif 8 juillet.

Du 21 au 25 novembre dernier, 3 policiers passaient sur le banc des accusés du Tribunal de Grande Instance de Bobigny pour avoir tiré en visant les têtes au flashball le soir du 8 juillet 2009 à Montreuil sur un rassemblement qui avait lieu suite à l’expulsion de la clinique occupée le matin même. Ces 5 jours de procès ont été relayés et suivis ici (https://paris-luttes.info/fin-du-proces-du-flash-ball-7148-). L’enjeu de ce procès dépassait largement le cas des trois tireurs. C’est toute la construction de l’impunité policière, et la violence ordinaire des policiers qu’il s’agissait de mettre en accusation, et toute l’ambiance du tribunal où les policiers se donnent tout les droits qu’il fallait renverser chaque jour du procès.
Le procureur a demandé des peines de prison avec sursis, des interdictions professionnelles et de port d’armes. Vendredi 16 décembre 9h30, le tribunal rend son verdict (en salle d’Assise numéro 1, Palais de justice, métro : Bobigny-Pablo Picasso).
Le collectif 8 juillet appelle à du soutien, « ne nous laissez pas seuls avec la Police ! »


JOUR 5

Récit du dernier jour du procès, on sera pas exhaustif, c’est pénible, vous savez, entendre des avocats de policier. (en liste, les tweets du jour et cette fois on se coule dans leur déroulé)

Reprise de l’audience.

  • ’Solidarité avec Montreuil crie la manif de flics en soutien aux policiers qui nous ont tiré à la gueule et mutilé.

La veille au soir, des flics marchent vers concorde…

Dernier jour du procès, on est un petit nombre mais pas tant non plus pour venir entendre les plaidoiries de la défense (la plaie). On entre comme d’hab en passant les portiques, et tout aussi sûrement que d’habitude les flics occupent une grande part de la salle.

  • Plaidoirie de l’Agent judiciaire de l’État

En premier lieu, c’est l’avocate de l’état qui plaide, et s’embourbe vite. On dirait qu’elle n’a pas pris son café ce matin. Elle plaide l’incompétence du tribunal, en arguant du fait que puisque ce n’est pas une faute personnelle, c’est une faute de service, qui doit donc être jugé devant le tribunal administratif.

  • L’opération de police s’inscrivait dans le cadre d’une opération de police administrative.
  • Plaide l’incompétence de la juridiction.
  • Plaide la faute de service, pas de faute personnelle : du coup relève du cadre du tribunal administratif.

Le procureur selon elle l’aurait même reconnu (quand bien même il dit le contraire), en affirmant que la faute personnelle n’est pas détachable d’une faute de service. Elle glisse au passage que les cas de légitime défense peuvent être envisagé en état de nécessité mais aussi dans le cadre des dispositions autour de l’attroupement.

  • pourquoi une faute de service ? Ils avaient habilitation à utiliser le #FlashBall et on ne leur a pas dis de ne pas le faire.
  • Outre la légitime defense on peut utiliser le #FlashBall dans un attroupement affirme t-elle.
  • (ça va être dur aujourd’hui, ce sont les plaidoiries des avocats des flics)

Les agents de police auraient agi dans cette perspective. Elle glisse un beau lapsus au moment d’appuyer la légitime défense.

  • Agent judiciaire de l’État : Le problème c’est le Flashball... Euh non je veux dire les jets de pierres.
  • Sur les préjudices : les demandes sont totalement excessives. Il faut les ramener à une plus juste proportion (même dans ce domaine, l’état est radin)

Elle parle relativement peu longtemps. Il est 10h environ. On arrive à tout s’asseoir mais de nouveau, quand d’autres arrivent ensuite là soudain les flics qui gèrent la salle ne peuvent plus les laisser passer. On est obligé de pousser de nouveau une gueulante. Les flics assis dans la salle en profitent pour nous regarder avec mépris. Des BACeux de montreuil sont encore là en nombre. L’audience est suspendue. Une des policières en charge de la salle prend les choses en main et comme une maitresse d’école, en nous infantilisant autant que possible, elle dit qu’elle va compter : « que tout les policiers lèvent la main », ça ne prend pas beaucoup.

  • De nouveau on nous empêche de rentrer. Les policiers font pression pour nous bloquer
  • Encore des embrouilles pour les places.
  • Audience suspendue.
  • Décompte des participants dans la salle.
  • Les mêmes places presse nous sont refusées (quand elles sont accordées aux policiers)
  • Combien de soutiens aux flics ? Combien de soutiens aux policiers ?
  • 40 vs 37 sauf qu’il y a une dizaine de policiers en service.
  • La cheffe du protocole fait sortir quelques policiers en service et fait rentrer des soutiens des parties civiles.

Elle compte quand même et on est à 37 pour nous et 40 pour eux, entre temps elle a fait sortit ceux en charge de la sécurité de la salle. Ce serait un peu drôle si c’était pas soûlant d’avoir à faire tout ça, et même pendant toute la semaine, tout ceux qui le souhaitaient n’ont pas pu entrer. Les tribunaux ne sont décidément pas faits pour accueillir les histoires collectives.

Me Gabet à la barre pour le policier Vanderbergh.

  • Il est désemparé par la pression qui s’est abbatu pdt 4 jours sur ce tribunal.

Il nous fait la leçon, parle de démocratie, de la bonne santé des débats. On a l’impression d’être une menace forte et constante. Un peu plus tard dans la matinée, on nous confirmera la chose et tout les discours prouveront que c’est du flashball qu’il mérite. Quel plaisir de se plaindre en tout cas ont les policiers et leurs avocats !

  • En 27 ans de carrière, il n’a jamais connu une telle pression.

« J’ai peur qu’une telle pression en soit pas neutre, et que cela nuise à la partialité du tribunal ».

  • 7 ans de procédure c’est long aussi pour les flics qui doivent porter le poids de ces accusations.
  • Merci aux policiers dans la salle qui suivent ce LT et sont attentifs à nos fautes de frappe. (@huitjuillet alors « abbatu » ça s’écrit comme ça : « abattu » du verbe battre)
  • Rappel des faits par Me Gabet.

« Il y a trois phases, d’abord l’exécution d’une décision de justice (l’expulsion de la clinique) pendant laquelle il y a trois tirs de mortier (il insiste) mais l’opération dans l’ensemble se passe bien. On lève avant la nuit le dispositif, et le soir venu, un repas festif est organisé. Des tirs de feu d’artifice ont lieu, la police appelle des renforts. Vanderbergh arrive mais le cadre juridique n’est pas précisé. »
Vanderbergh intervient en renfort parce que la situation est en train de dégénérer.

On note alors une belle boucle, dans la bouche de Gabet. La situation dégénère donc ils appellent des renforts, il n’aurait pas appelé de renforts si la situation n’avait pas dégénéré.

  • Le lieutenant Brouqueyre qui n’a vu aucun projectile à été ’dépassé par la situation

« Le débat principal c’est celui de la violence, on a une absence de décision du côté de la hiérarchie ». « Ils sont informés tôt qu’il y a un blessé ».

  • Me Gabet reconnaît qu’il a des points d’ombre dans la procédure.

Il regrette que la hiérarchie n’ait pas ordonné l’enquête. En plus une place de marché, c’est bête à dire « mais c’est nettoyé ».

Il aurait fallu geler la scène et procéder à des constatations. C’est la faute de Brouqueyre pas aux fonctionnaires de police ici présents.

Les pauvres fonctionnaires eux ne peuvent pas prendre une telle décision, ils ne font que ce qu’on leur dit de faire.

  • Vanderbergh ne doit pas payer pour une hiérarchie défaillante.

Ce serait une injustice, une ignominie.

  • Me Gabet est contre toutes les caricatures : ni pluie de projectiles ni absence de projectile
  • (NDLR : il laisse dc entendre que la plupart des PVs policiers sont complètement mensongers)

Il admet qu’il n’y a pas de jets continu, mais que des fonctionnaires de police à des instants t en ont reçu, ça c’est indéniable. En plus, dans cette affaire « on n’a pas d’unité de temps, de lieu, d’action ».

  • Gabet se demande si les jets de projectiles ne sont d’ailleurs pas imputables au lieutenant Brouqueyre qui a ordonné 3 charges

Les manifestants auraient réagi en attaquant.

Bref, il charge le lieutenant qui n’a pas vu de projectile à mort.
« Pas une seule bouteille, non soyons sérieux, mais un certain nombre de projectiles », « une bouteille en verre dans la figure ça peut faire des dégâts ». Vanderbergh, le pauvre, il sort de sa voiture, il a pas le temps de s’équiper, de se casquer, il n’a pas de protections, « il n’a que son Flashball ».

  • Gabet revient sur les témoignages des vigiles.

« Les vigiles, comment les qualifier, sont-ils des suppots des policiers ou de pauvres garçons ? en tout cas ils ont eu très peur ». En plus de se plaindre, les flics et leurs défenseurs sont des paranoïaques et ont des ennemis partout.

  • Gabet : Il y a eu des dégradations, elles n’ont pas été constatées mais il y en a eu.

Ils font face « à une foule éméchée, violente, agressive ». Les projectiles, « on ne cherche pas à les identifier, mais à les éviter ». Les messages radios « sont dénués d’équivoques », « on demande des renforts, la situation dégénère, si ce n’est pas le cas ils n’ont pas de raisons d’appeler des renforts » (il se répète).

Les témoignages des policiers, ce sont souvent des PV difficiles, « mais là on a pas quelques phrases stéréotypées, on a 3 pages circonstanciées, et dans lesquelles les fonctionnaires répondent à des questions de l’IGPN ». Et il insiste « aucun cadeau n’est fait aux fonctionnaires de police » à l’IGPN, « ils vont en garde à vue régulièrement », l’IGPN ce ne sont pas « les suppots des policiers » (il ne voulait pas caricaturer, NDLR).

  • Gabet : Vanderbergh ne nie pas qu’il a touché F. mais il n’en est pas sûr. D’autres aussi en doute. On ne peut donc pas lui imputer le tir.

Le doute serait partagé par F elle-même, puisqu’elle met 4 jours pour dire qu’elle a été touché..

  • Donc Vanderbergh à tiré sur F. tout le monde en doute. F. est tombée à ce moment-là tout le monde l’admet. Mais Gabet nie la corrélation
  • Gabet : les doutes sur l’imputabilité des tirs ne peuvent permettre de condamner mon client.

Selon lui Vanderbergh est précis dans toute la procédure et dit la même chose depuis le début. Sur les conditions dans lesquelles il va tirer, il dit bien « faire face à des jets de projectiles » (évidemment).
Gabet démonte ensuite un des témoignages de voisins, en disant que ce voisin qui témoigne il dit être très malade, avoir des difficultés à se déplacer, donc quand il dit avoir vu ceci ou cela place du marché et à croix de chavaux, il est pourtant impossible qu’il ait pu se déplacer si vite… « Pas sérieux, pas mensonger, les mots ont un sens ». « Il a discuté avec quelqu’un en tout cas, peut-être avec un certain nombre de gens, donc il a pu admettre la version d’un autre ».
Les blessures elles-mêmes « ne permettent pas d’être formels » (cf. les expertises qui ne servent qu’à produire du doute). « On ne peut pas entrer en condamnation au bénéfice du doute ».

  • Gabet si Vanderbergh est condamné à 18 mois d’interdiction pro entrainerait automatiquement sa révocation de la police.
  • Cela constituerait une injustice insupportable aux yeux des fonctionnaires de police.
  • Gabet (en gros) en plus c’est la faute à la hiérarchie

Il parle « de l’incompréhension de tout ces fonctionnaires de police qui se retrouvent dans des situations très difficiles à gérer, il faut une hiérarchie claire, présente, forte ».

Bref.

Me Robiquet à la barre. Avocat de Gallet.

  • C’est cet avocat qui dans la presse nous nomme ’pseudo victimes’

Il commence avec une étrange parabole, « en lisant le dossier, on peut se dire à propos des policiers, vous êtes mal partis mais Dieu retrouvera les siens ». Sauf que là selon lui, un des juges d’instruction « s’est substitué à Dieu pour retrouver la vérité » et en a fait n’importe quoi. D’ailleurs ces mêmes juges « n’étaient pas là à la reconstitution ».

  • Robiquet : veut remettre en cause le ’sophisme’ 6 tirs 6 blessés

Ce serait trop logique, trop simple, alors que.. Et puis
Robiquet : Mon client n’est pas poursuivi pour la mutilation de Gatti.

  • Robiquet met en avant la compassion chrétienne de Gallet envers Gatti
  • Gallet c’est lui qui a dit ’si c’était à refaire je le referai’

Il attaque ensuite « le pénible passage des témoins de moralité » qui « parlent d’affaire dont les policiers présents et la cour ici présente ne sont absolument pas responsables ».

  • Robiquet : vous avez donné aux parties civiles une tribune leur permettant d’outrager la cour.

Il précise que ce qu’il a entendu « ça ne m’intéresse pas », il veut revenir « au débat pénal, qui nous concerne ».
Je vais baser ma plaidoirie sur les témoignages des plaignants puisque les policiers sont considérés ici comme des faussaires, des menteurs, que leur parole est sans valeur.
« On nous parle de 6 tirs 6 blessés, et voilà l’affaire est faîte ». Ce serait un pur sophisme. Il insiste sur l’extraordinaire confusion qui régnait d’ailleurs pendant la reconstitution, c’était selon lui pure fabulation du côté des témoins.

  • Nouvelle interruption de séance. Un membre du collectif s’est fait embarqué violemment parce qu’elle enregistrait.

Elle ne savait pas que c’était interdit, et c’est une infraction pénale. On est plusieurs à se lever en soutien, de nouveau cris dans la salle.

  • On reprend (mais personne ne peut plus rentrer, sauf des flics et des journalistes)
  • Incident relativement clos. On reviendra dessus plus tard.
  • Robiquet pendant ce temps revient sur la blessure de R qui ne peut pas être du à un tir de #FlashBall .
  • Robiquet est sûr que c’est une brûlure pas une abrasion
  • Robiquet R. est touché il ’glapit’ ils tirent à la tête.
  • Sa brûlure ne vient pas d’un ovni mais peut-être d’un feu d’artifice ou d’un mortier.
  • Donc on n’a plus 6 victimes de Flashball donc plus de preuve.
  • Pendant ce temps-là Robiquet essaie de nous faire croire qu’il y avait des jets de pierres sous la halle du marché.

Pendant la reconstitution, on nous avait dit que les « lieux avaient changé » (entre temps de fait la halle du marché a été reconstruite). Quoiqu’il en soit, Gallet n’a pas pu voir les tirs « une camionnette masque la vue, les fonctionnaires sont focalisés d’ailleurs sur des feux de poubelles ».

  • Robiquet essaie de nier maintenant que Éric ait été touché au #FlashBall

Gallet selon lui « a toujours dit avoir vu la balle rebondir au sol ».
’un bobo au pouce peut avoir été provoqué par n’importe quoi’

  • Rappel : Éric à été touché à la main alors qu’elle protégeait sa nuque.
  • Il fuyait.

Maintenant Robiquet essaie de démontrer qu’il ne pouvait de là où il était voir Joachim tomber donc pas de non assistance à pers en danger.

Robiquet à au moment de la reconstitution a senti à son égard un grande hostilité à Montreuil.

  • Peut-être que les pseudo victimes ne l’apprécient guère.
  • Robiquet évoque ’la prise d’assaut de la clinique’
  • ’ce n’est pas improbable de la part de gens qui revendiquent une solidarité vis-à-vis de leur "lieu de vie et d’organisation" ’
  • ’Les vigiles étaient contents de voir arriver là police, ça arrive encore à certains gens’
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  • Robiquet : pourquoi mon client qui n’est pas un fou de la gâchette auraient tiré sur des manifestants courtois ?
  • Il sur-insiste sur le fait qu’il a peut tiré en 8 ans…
  • Pourquoi Le Gall et Gallet ont tiré en même temps sans le se concerter ? parce qu’ils faisaient face à une même situation au même moment.
  • Selon le formateur #FlashBall une agression type jet de projectile justifie un tir de Flashball.
  • Robiquet : je ne peux imaginer une condamnation mais le cas échéant je voudrais contester la peine requise.

Il glisse aussi que Gallet a trois enfants, en passant.

  • Robiquet charge à son tour la hiérarchie.

Robiquet demande la relaxe.

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À la barre : Me Liénard pour le policier Le Gall.

Toute sa plaidoirie ne suit pas de plans particuliers, et va être très idéologique, bien plus que les précédentes, il va parler politique et mobiliser de grandes visions, qui sont des effets de manche, des manières d’impressionner, d’essayer de nous choquer (ceux qui sont encore dans la salle et ne sont pas flics), il parle vite, fort, il plaide et plaint.
Me Liénard ne va pas mentir. Il ne ment jamais. Dans son livre il conseille aux policiers de ne pas mentir.

  • Le Gall est un homme avec ses faiblesses. Qui pratique un métier particulier : policier.
  • Dans force de l’ordre il y a force. Sans cette force pas de démocratie.
  • Liénard : je baigne dans le sang et les larmes de mes clients des familles de mes clients depuis 25 ans

En ce moment, il « défend une affaire dans laquelle une voiture a foncé pour écraser des policiers », à la cour d’assises. Il évoque un TAG dont lui a parlé Le Gall « le tribunal au feu, la cour au milieu », inutile de préciser que cela n’a rien à voir avec l’affaire mais bon.

  • Liénard égrène à son habitude les blessures de policiers.

Il insiste sur le fait que les policiers mettent en danger leur vie, nous défendent, il parle de l’exemple du Bataclan, il cite les chiffres du Figaro comme quoi des flics meurent tout les jours ou presque.

  • Ces gens, les policiers, se foutent de la couleur de peau, de l’idéologie des victimes.
  • Les policiers défendent tout le monde, ils exposent leur vie, c’est leur mission.
  • Liénard évoque le T-shirt des parties civiles ’gardiens de la paix mon oeil’
  • Ce sont de vrais gardiens de la paix même si tirer c’est leur métier.
  • Tirer ils n’aiment pas ça.

Il parle pour ce soir du 8 juillet d’un attroupement illicite, d’une situation tendue. Il met dos à dos deux thèses « pour les partis civiles, il y aurait des tirs n’importe où, et pour les policiers, la réponse proporitionnée à une agression ».

  • Ici deux mondes s’affrontent ceux qui défendent l’ordre et ceux dont la passion est de déstabiliser l’ordre.
  • Déjà : le squat. Le squat ça va à l’encontre de l’ordre établi.
  • D’un côté les légalistes, et de l’autre feux qui ne le sont pas.
  • Ils nous detestent parce son représente l’ordre établi.
  • On dirait un procès stalinien. 6 tirs si victimes

Lienard fait tout un laius pour nous présenter comme ceux qui veulent s’en prendre à l’ordre, « c’est leur hobby, déstabiliser l’ordre ». La salle crie « c’est nous les légalistes là ».

  • Liénard : le Flashball est une arme détestable qui a un effet dévastateur il faut l’interdire.
  • Donc : les petites blessures ne pouvaient pas être liées au flashball.

Lienard insiste sur ce qui est compatible et ce qui ne l’est pas, sur ce qui est constitué et ce qui ne l’est pas, il mise tout sur le bénéfice du doute.

Pour Joachim, il glisse là aussi que la blessure peut être dûe à autre chose, il rappelle qu’une cartouche de FB c’est pareil « à une balle de jocari qui rebondit partout ».
Ce que je réquisitoire demande c’est la mort de mon client.
Il perd sa maison son boulot tout
Il doit 300000euros avec son casier il ne peut plus bosser dans la sécurité

  • Le procureur vous demande sa tête !
  • Liénard : c’est de la police administrative pas de la police judiciaire, vous êtes incompétent
  • Gatti aurait du aller direct au TA il serait indemnisé à l’heure qu’il est.
  • Selon Lienard, si Gatti n’avait pas été au pénal tout aurait bien était.
  • C’est une faute de service : défaut de formation et défaut de hiérarchie.
  • Liénard : est-ce que je cause des lésions ou est-ce que j’en subi ? C’est la pire des décisions à prendre.
  • Il a une fraction de seconde pour la prendre.

Selon Lienard, nous on a eu 7 ans pour débattre et Le Gall une demi-seconde pour décider de tirer. Il fallait que Le Gall protège une interpellation. Il a droit à l’usage des armes, sans ordre ni sommations, car il était pris à partie, menacé.

  • Liénard sait ce que sait la souffrance et la souffrance de Joachim lui est extrêmement désagréable.
  • Liénard prend exemple de la réaction spontanée plus tôt dans la salle qui a vu se regrouper une dizaine de personnes...
  • Comme exemple de regroupement qui peut faire peur comme sous la halle du marché.
  • Dans la salle : et alors il aurait fallu nous tirer dessus au flashball ?

Lienard fait alors tout un speech, sur le fait que si les policices à force d’être harcelés juridiquement ne veulent plus faire ce métier, ne se lèvent plus un matin, et bien, qui nous protègera ? « le danger viendra des gens qui sont dans cette salle ». « Ce sera eux les premiers dangers ».

  • Lienard cherche à décrédibiliser la parole d’un témoin en citant sa page facebook pas versée au dossier ; la Partie Civile s’y oppose.
  • Témoignage pas crédible parce qu’il donne la taille d’un homme alors qu’ils sont au 3eme étage.
  • En plus ils ne pouvaient pas voir Joachim qui se situe sous la halle du marché.
  • Vous pensez qu’il peut y avoir collusion entre policiers mais pas entre membres d’un collectif de manifestants dont on a pu vérifier...
  • ... tout à l’heure leur solidarité, qui se lèvent comme un homme quand qqun de fait sortir de la salle.
  • Liénard dit qu’un policier ne tire pas au flashball pour se faire plaisir mais dit exactement l’inverse dans la presse.
  • Sur le site de Liénard on peut lire : " Le Flash Ball est caractéristique de ce phénomène : on ne compte plus les usages de cette arme...
  • en dehors de tout cadre légal, pour « faire du bruit », « faire courir les jeunes » ou « se faire plaisir »…
  • ... des notions bien éloignées de l’action policière ! " Fin de citation.
  • Lienard : ’Ce que vivent les policiers c’est par exemple à Sivens recevoir un cocktail Molotov sous les applaudissements des manifestants.’
  • Liénard sort une canette en verre et demande au juge s’il aurait vraiment envie de se la prendre dans la tête.
  • Liénard charge à son tour le lieutenant Brouqueyre : Il y a 2 genre de chefs ceux qui disent en avant et ceux qui disent suivez moi.
  • Brouqueyre dit en avant.
  • Lienard : À t-on déjà vu un policier tirer sur quelqu’un et ne pas s’en préoccuper ?
  • Liénard : Liénard n’a pas vu Gatti : dommage collatéral mais avec un tir légitime. Donc responsabilité de l’Etat.

Le Gall a visé un groupe, pour le repousser, l’empêcher de l’attaquer, pas de chance Gatti a été touché mais c’est un dommage collatéral par rapport à l’action souhaité. Il tirait pour pas pour arrêter quelqu’un, mais pour travailler à la dispersion, donc cela relève de la Police administrative, donc du tribunal administratif.

Lienard évoque une jurisprudence, une balle blindée traversé un délinquant, touché quelqu’un d’autre, dommage collatéral, policier relaxé.

  • Liénard pense que si aucun policier n’a vu Joachim blessé c’est qu’il était déjà évacué.
  • Liénard : ’absolue nécessité’ que s’il y a homicide

Il répond au procureur.

  • Deux thèse : ou Le Gall s’est fait plaisir, c’est absurde ou bien il a eu peur de ces gens qui de jetaient sur lui. De la douzaine de personnes qui l’attaquait.

Ici, Lienard affirme une vision à l’américaine. A un moment dans l’histoire de la Police, il a été affirmé que la priorité absolue cela devait être de protéger son intégrité. Peu importe si un tir tue quelqu’un, ou si il y a des conséquences, il faut avant tout protéger son intégrité… (on sait combien cette logique est appliquée par les policiers en Amérique, ici et ailleurs).

La jurisprudence permet de tirer à arme lethale sur qqun qui se jette sur vous avec intention visible de porter atteinte à votre vie...

  • Dans la salle : on a eu de la chance alors.
  • Selon lui, il y aurait eu 12 personnes au moins qui chargeaient Le Gall.
  • Entre coups de poings et coup de pieds de 13 personnes et un tir de #FlashBall il y a proportionnalité.
  • Entre une canette et ce que le policier pense représenter l’équivalent d’un coup de poing il y a proportionnalité.
  • Les policiers disent qu’il y a plusieurs qui brûlent, vous, vous dites bien qu’il y a plusieurs morts au flashball alors qu’il n’y en a qu’1
  • Dans la salle : on n’a jamais dit ça ! C’est quoi cette comparaison ? Des gens sortent excédés.

Liénard réclame la relaxe.

  • Liénard évoque le mouvement policier en insécurité juridique.
  • Liénard s’attend à une condamnation car le juge comme son client est humain et peut faire une erreur.

Finalement, son plaidoyer est comme on l’attendait, idéologique, mais vu que le juge connaît bien le dossier, cela ne devrait pas tenir la route…à suivre.

  • L’affaire mise en délibéré et jugement rendu le 16 décembre à 9h30 en salle d’Assise numéro 1
  • La copine interpellée qui a été sortie pq elle enregistrait l’audience à été auditionnée et est sortie.

Le procès est terminé, jusqu’au verdict, aux probables appels, etc. Beaucoup de monde est passé, la salle était bien trop petite, mais en même temps tout est loin de se jouer dans un tel procès, pas même la vérité de cette histoire, évidemment. On sait en tout cas que le TGI nous a trouvé bien relou (« on est pas beaucoup mais on est relou »), de même que tout les flics présents.

Solidarité avec toutes les victimes de violences policières.

P.-S.

Collectif 8 juillet
Sur le web : collectif8juillet.wordpress.com
Par mail : huitjuillet(at)riseup.net
Sur twitter : twitter.com/huitjuillet

On notera que le terrain où se situait la clinique, rasée entretemps, est en chantier pour la construction d’un immeuble depuis...un mois ou deux seulement !

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