En deux mois, 4 ouvriers sont morts sur des chantiers en Île-de-France

Samedi 1er octobre, chantier du magazin de luxe Lancel, Paris 9e.

Le drame a eu lieu alors que les ouvriers déchargeaient des plaques de verres Securit de 250 kilos pièce d’un camion. Au cours d’une manoeuvre, les plaques posées sur un chariot se sont renversées. « Une des roues s’est bloquée dans un trou du trottoir », avance un témoin, salarié de la même entreprise. Le jeune ouvrier aurait essayé de les retenir. Il s’est fait écraser sous trois plaques de verre de 3 mètres sur 4, soit un poids total de 750 kilos. Le jeune homme est décédée sur place malgré l’intervention des pompiers. Son collègue, chef de chantier, agé de 42 ans, a été légèrement blessé et transporté à l’hopital à Cochin (XIVe).

Le Parisien

Mardi 8 novembre, chantier de la tour "Haute-Définition", à Issy-les-Moulineaux.

Les deux hommes, dont l’âge n’a pas été précisé, travaillaient sur un pylône électrique au troisième étage du bâtiment, soit à une dizaine de mètres de hauteur, lorsque la cabine s’est décrochée. L’un d’entre eux est mort écrasé par la nacelle, le deuxième a été projeté dans le vide.

Le Parisien

Lundi 5 décembre, chantier des futurs commerces de la gare d’Austerlitz, Paris 13e.

Lundi, à 14 heures, un homme de 48 ans, intérimaire pour une société qui travaillait comme sous traitant pour une autre société qui elle-même travaillait pour la SNCF, est mort broyé par une foreuse. Les faits ont eu lieu en gare d’Austerlitz, boulevard de l’Hôpital (XIIIe), sur le chantier de rénovation qui devrait à terme accueillir des commerces, face aux voies 20 et 21.

La victime « devait assister le foreur qu’il ne connaissait pas, en remplaçant les mèches dès qu’il le lui était demandé ». A un moment, la machine a rencontré des difficultés sur une zone dure. L’ouvrier s’est alors penché. Sa veste de travail ouverte a été happée par la machine, son corps entraîné.

Le Parisien

Chacune de ces dépêches s’illustrent en omettant de mentionner le nom de la boîte où travaillaient ces ouvriers, ou encore, tout autant responsables, celles des donneurs d’ordre et maîtres d’oeuvres. Ces différentes boîtes ne communiquent d’ailleurs jamais sur le décès d’un de leurs salariés (ou intérimaires).
À chaque fois, on peut apprendre du Parisien qu’une enquête a été ouverte (ouf !). Rarement sur son résultat [1]...

Entre 2010 et 2014, 1008 décès ont été recensés sur des chantiers. C’est une loi de 1898 qui régit les accidents du travail, même mortels : immunité de l’employeur (il n’a aucune responsabilité pénale ou civile) et simple indemnisation. Chez pro-BTP, la protection sociale des travailleurs du bâtiment, l’indemnisation en cas d’accident mortel d’un ouvrier est de 4 000€. 100 000€ pour un cadre [2].
Un permis de tuer, et à moindre coût.

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