Déteste la police, pas tes camarades

Avant de traiter les camarades de « flic », Un voisin de cortège et d’action propose : « Donc la prochaine fois que tu me vois en manif, en AG ou en action et que tu penses que je suis flic (...) S’il-te-plaît camarade, observe et sois vigilant ».

« Ça va, tu prends des notes ? » me lance un camarade au soir du premier tour des élections présidentielles, dans une sauvage partant vers Voltaire. Je lui rétorque « Qu’est-ce qu’il y a ?! » et lui, avec son pote, de me faire un geste méprisant du menton, sourire aux lèvres avant de commencer à trottiner pour rejoindre l’avant. D’habitude (car c’est une habitude et c’est bien le problème), je ferme ma gueule ou je fais celui qui ne comprend pas qu’on vient de l’insulter de RG. Car oui, « pute », « arabe », « gay » ou encore « juif » ne sont pas des insultes mais « flic », « RG », « raciste » ou encore « patron » en sont. Alors je lance à son pote qui commence à le suivre, « Pourquoi tu me dis ça ? Tu sais pas qui je suis ! » et lui me répond « Non, t’inquiète ça va, on teste les gens voir leur réaction ». Il faut ici comprendre « les gens » suspicieux. Suspicieux ? Ok, résultat j’abandonne au niveau de Voltaire, je suis pas là pour ça et du coup je ne me sens pas bien, plus à ma place, un peu comme au boulot ou parfois en famille mais cette fois pas parce que je suis un militant, parce qu’on me prend pour un flic.

Jusqu’ici, pour le moment, je me dis que la vigilance est saine. Et j’ai la même. Penser à regarder derrière, sur les côtés, repérer les oreillettes, reconnaître les sacs à dos standards des bacqueux, observer les deux RG sur le côté en train de parler au talkie, siffler et pointer du doigt une colonne de robocops contournant pour nasser, etc. Mais ce n’est pas un jeu. Cibler un-e camarade peut la-le décourager alors que nous avons besoin de toutes et tous. La vigilance est saine, la suspicion sur des bases telles que « un grand type rasé, la trentaine, en parka noir qui marche sur le trottoir, seul, sans jeter une seule poubelle au milieu de la rue ni péter un abri-bus c’est sûr c’est un flic » ne l’est pas. Elle discrimine, éloigne, fait douter, etc. alors que ce type a juste perdu une partie de ses potes dans la nasse, n’a plus de batterie pour appeler et retrouver les autres, se sent en sécurité dans la manif pour s’éloigner du merdier des bleus mais a déjà eu à faire à la justice et donc préfère pas s’exposer en mettant le zbeul avec les autres. Néanmoins il est là, animé par la même rage.

Donc la prochaine fois que tu me vois en manif, en AG ou en action et que tu penses que je suis flic. Avant de cracher dans le dos de mon pote (manif lycéenne en mars 2016), avant de me tourner autour avec tes trois potes en mode coup de press’ puis te barrer (avant un départ de Répu en avril 2016), avant de me demander si je suis des renseignements alors qu’ils sont à 10 mètres de toi (devant un lycée du 19e en Juin 2016). S’il-te-plaît camarade, observe et sois vigilant. Alors j’espère qu’en prenant ce temps, tu repèreras les vrais ennemis et que tu seras réactif au moment où ils s’attaqueront à nous. Notre vigilance a fait sortir plus d’une fois la BAC de nos cortèges. Certes, nous ne nous connaissons pas et les flics continuent sans doute de s’infilter mais notre multiplicité fait notre force et notre imprévisibilité, conservons cela précieusement sans se méfier les uns des autres.

Un voisin de cortège et d’action

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