Compte-rendu subjectif d’un étudiant de la manifestation lycéenne du 23 février 2017.

Ceci est le point de vue d’un étudiant sur la journée d’action contre les violences d’État du jeudi 23 février 2017. Je bougeais à moitié par curiosité militante et pour voir si certain.e.s n’avaient pas besoin d’aide. Je me permets aussi par ce texte de donner un avis sur la police qui ne se revendique pas comme émanant d’un spécialiste, juste une réflexion sur le ressenti que j’ai eu sur les flics cette journée-là et en général.

Compte-rendu de la manifestation spontanée des lycéen.e.s d’Île-de-France qui a eu lieu à Paris vers 11h le 23 février 2017

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La veille, sur le #BlocusPourThéosur twitter, la préfecture de police de Paris a fait tourner un communiqué informant que chaque personne appelant à se rendre ou allant à la manifestation appelée "devrait assumer ses choix de façons morale et juridique". Autrement dit si "on vous défonce, on vous aura prévenu"...

Avant la manifestation, une trentaine de lycées ont bloqué dans toute l’Île de France avant de converger vers la Place de la Nation
Là-bas un important dispositif policier a bloqué la place et a "encadré" la manifestation. C’était en réalité, un mélange de CRS, de flics du quartier (BAC du 20e et du 17e) et les CSI (Compagnie Sécurité et d’Intervention ) : des unités de police aux ordres directs de la Préfecture. Extrêmement brutales, violentes, ces unités ne cherchent pas un dialogue ou un moyen d’encadrer les manifestant.e.s, mais bel et bien une confrontation contre des lycéen.e.s qui pour certain.e.s n’était pas habitués aux ballades sportives dans Paris, ce qui a donc semé la panique et mis pas mal de personnes en danger tant dans le cortège que parmi les simples passant.e.s. Après un départ en sauvage, les manifestant.e.s ont été nassé.e.s, fouillé.e.s de façon violente, la police cherchant plus à impressionner qu’a trouver quoi que ce soit.

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Le soir même un appel tournait pour se retrouver dans la fac de Tolbiac (Paris 1) dans le 13e dans le cadre d’une AG de lutte pour organiser la suite du mouvements pour Théo et contre les violences d’état. Sauf que la fac a mis un certains nombre de vigiles qui contrôlaient les cartes des étudiant.es, finalement une centaine d’étudiant.e.s, de lycéen.e.s et d’horizons divers décide de rentrer dans la fac malgré quelques bousculades avec la sécurité et d’investir un amphi pour tenir cette AG.

Le nombre de lycées bloqués et de lycéen.e.s qui, sans être spécialement des militant.e.s de longue date, se sont organisés de façon spontanée et autonome autour des violences d’État est quand même marquant. Un discours (celui de celleux qui subissent de façon quotidienne la répression et la violence légale, celleux qui ont vu leurs proches mourir et la/le responsable en liberté.. ) se diffuse de différentes façons dans les différentes classes et milieux de la société. La jeunesse semble avoir conscience de la structure raciste, sexiste, queerophobe de la police nationale. La police aujourd’hui est un bras armé de l’État qui ne serait pas à la recherche de justice, mais simplement du maintien de l’ordre social en déployant un dispositif tant matériel que discursif et une volonté de contrôle total sur les différentes formes de vie, pour que rien ne change.

Les flics aujourd’hui ont montré la volonté d’être dans un rapport de force direct et destructeur pour nous empêcher de nous approprier nos lycées, nos facs, nos rues, nos lieux de vie et d’organisation. La présence d’un hélicoptère à une manifestation appelée par des lycéen.es (par l’intermédiaire de la page du MILI) est assez frappante. Il s’agit de contrôler nos mouvements pour mieux nous mater, entre les caméras de rue, l’hélico et tous les flics en civil, il s’agit de faire en sorte que les manifestant.e.s ne puissent s’emparer du tissu urbain. La stratégie des condés étaient de nous disperser pour empêcher un lien de se tisser pouvant donner une force collective ; autrement dit gaz et grenades pour que l’on se fatigue et qu’ils puissent nous coincer. Malgré tout un certain nombre de banques et agence d’interim ont été décorées. Un début d’autoréduction aurait eu lieu dans un leader-price vers Nation.

Il y aurait pour l’instant huit interpellé.e.s. C’est sûrement dans la manifestation du matin, toute les personnes de Tolbiac ayant réussi à sortir en sécurité sans intervention de la police. Si jamais vous n’avez pas de nouvelles de vos potes , hésitez pas à contacter la légal team dont le numéro tourne.
À bientôt sur les pavés !

P.-S.

Il y a en fait eu plus d’une vingtaine d’interpelléEs, effectivement le matin, à Paris et devant d’autres lycées bloqués en banlieue. Les photos reproduites sont malheureusement déjà trouvables non floutées sur Facebook...
A ce sujet (re)lire De l’usage des caméras en manifestation

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