Communiqué Street medics journée du 12 mai 2016

« Tout au long de la progression, une liaison étroite sera maintenue entre les forces de l’ordre et le service d’ordre des organisateurs dans le but d’assurer le déroulement normal de la manifestation ».

Nous sommes plusieurs dizaines de manifestantEs (étudiantEs, salariéEs, intermittentEs, précaires, grévistes ou non, Nuit Deboutistes de l’infirmerie militante de la place de la République) à avoir décidé de venir équipéEs de matériel de premiers soins en manifestation afin d’aider TOUTES les personnes victimes de la répression policière.

Face à la répression qui touche tous les mouvements sociaux, et pour citer les plus récents : les mobilisations contre l’état d’urgence et la COP21, les luttes des migrantEs de Calais et d’ailleurs, les Zad de Notre-Dame-des Landes et du Testet (souvenons-nous de la mort de Rémi Fraisse sous les grenades des Gendarmes Mobiles), et bien sûr aujourd’hui la bataille contre la « Loi Travail » et son monde.
Face aux assignations à résidence, aux poursuites judiciaires, à la disparition progressive du droit de manifester.
Face aux yeux crevés par les tirs de Flash-ball, aux brûlures et contusions parfois très sérieuses des grenades lacrymogènes et de désencerclement, aux os brisés par les coups de Tonfa et face aux traumatismes psychologiques que la répression génère.

Bilan de la journée du 12 mai :

Aujourd’hui s’est ajoutée une nouvelle composante à cette journée suite au communiqué de la préfecture de police. En effet, « tout au long de la progression, une liaison étroite sera maintenue entre les forces de l’ordre et le service d’ordre des organisateurs dans le but d’assurer le déroulement normal de la manifestation ». Ce qui veut concrètement dire que nous avons affaire à des civils aux gants renforcés, se confrontant au corps à corps, arméEs de matraques télescopiques et de gazeuses, ayant les mêmes pratiques de brutalité arbitraire engendrant les mêmes dégâts, les mêmes blessures que la police. Profitant de l’effet de surprise des manifestantEs, ils visent eux aussi crânes, genoux et visages. Ce mode de fonctionnement police / SO a malheureusement fait des petits dans plusieurs ville de France.

Ceci reprend donc les blesséEs pris en charge tout au long de la manif et lors de l’arrivée à place Vauban.

  • Plusieurs blessures dues à des tirs tendus de grenades occasionnant des hématomes au tibia, à l’aine.
  • Des dommages (brûlures, hématomes, plaies...) causés par des grenades de désencerclement aux pieds, mains, unE jeune blesséE au visage avec des multiples plaies sur le corps causés par les éclats encore logés dans les plaies. Des camarades avec des blessures au cuir chevelu et dont unE se sort avec des acouphènes.
  • Avec les coups de tonfa sont venus les contusions et plaies aux membres inférieurs et supérieurs, crânes et suspicions de fractures, notamment aux doigts.

Les gazages à bout portant ont occasionné des crises d’asthme, de panique. Un tir tendu de lacrymo a provoqué de multiples plaies ouvertes au torse et des crachats sanglants (ce qui laisse présager d’une atteinte pulmonaire).
Un « comité d’accueil » attendait les militantEs dans le métro en les gazant copieusement. Résultat : grosses difficultés respiratoires du fait de l’enferment, crises d’asthme, crise de panique allant même jusqu’à des états de choc et des pertes de connaissance.

Sans oublier le trauma occasionné par la violence dont sont victimes les genTEs qui ne faisaient que passer et se retrouvent malencontreusement au milieu des gaz, choquéEs et désorientéEs…
En tout, une dizaine de blesséEs ont été envoyéEs à l’hôpital.
Le bilan devient s’alourdit au fur et à mesure que le mouvement avance. La collaboration SO / police ne laisse pas entrevoir de jours meilleurs…

A cela, il faut ajouter toutEs les blesséEs dont nous n’avons pas pris connaissance. Ce bilan ne peut être qu’approximatif et ne reflète qu’une infime partie du nombre de blesséEs. Nous ne pouvons nous empêcher de voir dans une telle violence la volonté politique assumée d’intimider les manifestantEs de tous bords, de les effrayer, de les dissuader de descendre dans la rue, et ainsi de tuer toute velléité d’opposition à la loi travail et son monde.
Nous ne sommes ni sauveuses, ni sauveteurs. Juste des manifestantE s qui se préfèrent debout qu’à genoux ! La solidarité est notre arme.

Des Street Medics, le 12 mai 2016
Pour prendre contact ou apporter votre témoignage : street-medic@riseup.net

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