Chez Michèle Firk en février 2017

Programme du café librairie Michèle Firk, espace autogéré d’organisation et de discussions politiques, hébergé par la Parole Errante à Montreuil.

En février 2017, on vous invite à discuter "Reclaim", féter la parution de la horde d’or, observer des insectes, trouver des revues, et lire Deligny, entre autres choses.

La Parole Errante continue par ailleurs son existence jusqu’à juin 2017, la suite reste incertaine, et nous vous tiendrons informés sur le site de la Parole Errante Demain !

Les locaux de la Parole Errante appartiennent au conseil départemental (CD) de Seine-Saint-Denis. Armand Gatti et la Parole Errante y sont installés depuis 1997. Le bail se termine toutefois, et le collectif de la Parole Errante demain s’est constitué pour que les suites de la Parole Errante s’inventent à partir de l’existant et surtout à partir de la multiplicité d’initiatives et d’expériences culturelles, sociales et politiques accueillies ces dix dernières années dans ce lieu. Nous ne sauverons l’existant qu’à le réinventer ! Continuons de prendre la parole !

laparoleerrantedemain.org

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  • Vendredi 10 février 19h / Reclaim ; Recueil de textes écoféministes (aux éditions Cambourakis). Discussion avec Emilie Hache
  • Mercredi 15 à 14h : Projection enfants cinémioche / Collectif ciné pelloche
  • Jeudi 16 à partir de 19h30 : Lancement « La horde d’or. Italie 1968-1977 La grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle »
  • Mercredi 22 février 18h30. ARPENTAGE autour de « Du racisme français, quatre siècle de négrophobie » de Odile TOBNER
  • Lundi 27 février 19h. Les ateliers désaxés recoivent les éditions de l’arachnéen autour du livre « Lettres à un travaillleur social » de Fernand Deligny
  • Jeudi 2 mars 19h « L’égalité devant les asticots » texte de Jean-Henri Fabre, dessin de Pole Ka aux éditions les âmes d’Atala
  • Vendredi 3mars – Présentation de la revue « Sorcières »

Dans la grande salle on vous signale :

le 10 février : Stand with standing rock

dimanche 12 projection cinépelloche & cinéma voyageur

Samedi 25 février. Librairie d’un jour : braderie de revues/éditions indépendantes organisé avec la revue Cassandre et l’Insatiable

1er mars : Soirée de Soutien dans la grande salle à la revue Sorcières


Vendredi 10 février 19h / Reclaim ; Recueil de textes écoféministes (aux éditions Cambourakis). Discussion avec Emilie Hache

« Ce livre est un livre d’espoir, un livre sur la guérison de nos blessures et sur le fait de croire dans notre propre force, dans le courage de faire des choses ensemble, de changer et transformer la politique de tous les jours de manière non-violente. Ce livre parle de sororité écologique mondiale ! » (Petra Kelly, avant-propos à Healing the Wounds : The Promise of Ecofeminism, 1989) La COP 21 a suscité un regain d’intérêt en France pour l’écoféminisme dans les milieux militants. Ce mouvement, né dans les années 1980 dans les pays anglo-saxons, a été initié par des femmes faisant le lien entre l’exploitation des ressources naturelles et l’exploitation qu’elles subissaient en tant que femmes. Cette prise de conscience a donné lieu à de nombreuses actions et autant d’écrits écoféministes inconnus en France.

Cette anthologie, proposée par la philosophe Émilie Hache, permet de découvrir les textes des principales figures de ce mouvement, parmi lesquelles Susan Griffin, Starhawk, Joanna Macy, Carolyn Merchant, certains textes donnant l’impression qu’ils ont été écrits hier, aujourd’hui même, en réaction à la situation qui est la nôtre ».

Revaloriser le dévalorisé, la femme et la nature. Né dans les années 1980’, le mouvement de l’écoféminisme ne souhaitait pas mettre en place une nouvelle éthique de l’environnement mais bien repolitiser les rapports de genre et ceux envers la nature. « Reclaim » est la revendication et le souhait d’une « réappropriation/réhabilitation/réinvention » de la féminité et de l’idée de nature dans notre rapport au monde. Textes écrits devant une centrale nucléaire, poème invoquant la figure de la sorcière, analyse d’une situation de cataclysme, philosophie de l’exploitation du ventre et/de la terre… représentent la pluralité du mouvement rassemblé sous le mot d’ordre « Reclaim ». Cette anthologie de texte écoféministes, présenté par Emilie Hache aux éditions Cambourakis sera l’occasion de revenir collectivement sur les écrits et actions du mouvement.

En introduction de la discussion vous avez ci-dessous un aperçu du sommaire et ici quelques citations du livre.

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Mercredi 15 à 14H Projection enfants cinémioche / Collectif ciné pelloche

Trois courts-métrages pour enfants :

Blinkity blank (Canada 1955)

La coq et le roi (Studios de l’Est)

Charlot débute au cinéma (USA 1914)

Venez-donc !


Jeudi 16 à partir de 19h30
Lancement La horde d’or. Italie 1968-1977 La grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle

"Livre d’histoires et d’analyses politiques, compilation de documents, tracts, chansons, articles de revues ou manifestes, témoignages à la première personne et au jour le jour d’une révolte, devenue « transformation radicale de la vie quotidienne, utopie, besoin de communisme, révolution sexuelle, lutte armée, etc. », La horde d’or est un ouvrage de grande ampleur qui parcourt l’histoire politique italienne, depuis les prémisses des années 60 jusqu’à la fin des années 70, qui verront s’exténuer les espérances et les jubilations d’une génération « outrageusement » enthousiaste. Ouvrage transgenre ou transversal, La horde d’or permet de combler un « manque d’histoire » de la fin du XXe siècle, et apporte une information de première main et de première importance sur dix années qui ébranlèrent non seulement l’Italie, mais également l’Europe, et dont l’actualité resurgit, près d’un demi-siècle plus tard, dans les mouvements et les luttes du jeune XXIe siècle, pour signifier l’inanité des réponses institutionnelles qui ont été apportées à la crise « créative, politique et existentielle » à laquelle nous sommes confrontés"(4ème de couverture).

"Le projet de traduire "L’orda d’oro" remonte au terme d’une décennie rythmée, en France, par des conflits qui ont érodé « le cynisme et la peur » propres à la société de concurrence : mobilisation massive d’intermittents et de précaires qui, en 2003, ­exigent un droit au chômage ; émeutes en banlieue parisienne, en 2005, après la mort de deux adolescents, électrocutés alors qu’ils étaient poursuivis par la police ; plusieurs semaines de grèves, manifestations et blocages impulsés en 2006 par des scolarisés, principalement lycéens, lors de l’instauration d’un contrat première embauche (CPE) qui aggravait la précarisation des entrants dans le salariat.

Il s’achève au lendemain d’un long printemps de révolte contre l’imposition d’une énième « loi travail » par un gouvernement de gauche. Tout comme leurs conditions d’émergence, de tels moments d’insubordination rappellent que le texte ici publié n’a pas perdu de son actualité. L’histoire continue. Et avec elle, le refus de la société du capital. Crise, austérité, flexibilité, dette, état d’urgence, c’est aussi de ce présent, issu de quarante années de restructuration permanente, que La horde d’or établit la généalogie : celle d’une contre-révolution qui ne dit pas son nom, et qui s’empare de toutes les dimensions sociales de l’existence, des espaces et des temps de vie, de pensée, de ­production, à l’école, à l’université, dans les institutions, dans la rue ou chez soi, jusque dans les corps et les sensibilités." (extrait de la note des traducteurs lisible entièrement ici).

Nous attentions depuis longtemps la publication de cet ouvrage en langue française, et pour en entamer la lecture et les discussions qui suivront, nous proposons le 16 février d’en lire quelques extraits puis de fêter sa sortie en compagnie du collectif de traduction de ce livre.

Ce sera aussi l’occasion d’entamer un travail de réflexion et de reprise autour de ce livre, et dans la foulée de cette soirée, nous organiserons d’autres moments autour de cet ouvrage dans les mois qui viennent.



Mercredi 22 février 18h30. ARPENTAGE autour de "Du racisme français, quatre siècle de négrophobie" de Odile TOBNER

L’arpentage est outil d’éducation populaire permettant une lecture critique et collective d’un texte.

Depuis le Code noir (1724), rares sont les intellectuels ou les dirigeants français qui ont remis en question le socle raciste sur lequel repose notre regard sur les « noirs », africains ou antillais. Les saillies négrophobes récentes d’Hélène Carrère d’Encaussse, Alain Finkielkraut ou Nicolas Sarkozy ne sont pas des « dérapages » malheureux, mais la continuité désolante de préjugés nourris depuis quatre siècles. Qui, en France, sait que Saint-Simon, Bossuet, Montesquieu ou Voltaire ont commis, sur ces questions, des pages monstrueuses ? Que Renan, Jules Ferry, Teilhard de Chardin, Albert Schweitzer ou encore le général De Gaulle leur ont emboîté le pas ? Le pays des Lumières et des droits de l’homme n’aime pas se voir en ce miroir-là. Odile Tobner révèle pourtant que la négrophobie fait partie de notre héritage. Il est temps de décoloniser les esprits. Enfin.

http://www.arenes.fr/livre/du-racisme-francais/

L’arpentage est outil d’éducation populaire permettant une lecture critique et collective d’un texte.

L’arpentage permet :

d’acquérir des savoirs communs, de s’approprier des références communes, et donc de sortir des dominations par le savoir.
de découvrir des pensées, des auteurs ou des théories, qu’on ne serait pas allé chercher sans ça.
de se forger une critique du propos grâce à la multiplicité des point de vue, et éventuellement des petits outils d’auto-défense intellectuelle pratiques.


Samedi 25 février. Librairie d’un jour : braderie de revues/éditions indépendantes organisé avec la revue Cassandre et l’Insatiable


Lundi 27 février 19h. Les ateliers désaxés recoivent les éditions de l’arachnéen autour du livre "Lettres à un travaillleur social" de Fernand Deligny

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"Fernand Deligny écrit Lettres à un travailleur social en 1984-1985. Avec le temps, il s’est éloigné des travailleurs sociaux. Ceux-ci lui reprochent son écriture "hermétique" et voudraient le voir renouer avec l’esprit militant des aphorismes de Graine de crapule (1945). Deligny répond sans répondre. S’adressant à un "travailleur social quel qu’il soit", c’est précisément dans cette langue "en tant qu’outil" qu’il veut persuader les travailleurs sociaux de penser leur tâche. Sa proposition est politique : il pointe les risques d’une liberté indexée sur l’individualisme, et d’une psychologie organisée autour de l’hypostase du "sujet absolu" et de la "conscience de soi". Dans des pages que ne renieraient pas les critiques actuelles les plus radicales sur l’école, il met en garde contre les formes de "l’apprendre" qui négligent les "faits hérétiques", les faits "chiendent", ceux qui résistent à la "sélection". Il suggère de respecter le hasard, et le tacite dont il reprend la notion à Ludwig Wittgenstein. Il interroge un "commun coutumier", indissociable de la pratique qui consiste à "asiler" l’humain, celui en qui la mémoire d’éducation n’aurait pas totalement supplanté la mémoire d’espèce…" (4ème de couverture)


SORCIERES N°25, LES FEMMES VIVENT "LA MONSTRE"

"Sorcières, parce qu’il est urgent de multiplier le lieux d’écriture du corps, les lieux de libération, parce qu’il est urgent d’écrire avec la totalité de l’expérience corporelle"*

S’emparer de l’héritage comme on réveille un vieux fantôme. Dans ces vies en creux, en ces voix bâillonnées, des femmes ont trouvé matière, à vivre, à entendre, à écrire et, dans le vide érigé à notre intention, elles nous invitent à laisse ce vertige résonner en chacune de nous, comme un prélude à la révolte.

Avec fureur ou minutie, lézarder le marbre où s’étaient réfugiées nos paroles. Secouer la mysoginie des siècles, ébranler les patriarchies millénaires, lever la poussière sur l’ancestral. Sortir du mutisme, et entendre la portée de ces voix, qui se font murmures ou hurlantes dans les chevauchées de leurs tangences, ces vois pleines qui se délient avec toute la force de si longs silences utérins.

"Va jusqu’à l’horrible. C’est maintenant l’épreuve de ton courage"*

Une immersion alors, au coeur de la Monstre que les hommes ont imaginée pour nous circonscrire dans les marges de l’acceptable. Se parer de sa difformité pour mettre au jour les contentions qu’il nous faut supporter pour correspondre aux formes attendues : réceptacle matriciel, support à fantasmes, joli bijou domestique, précieux trophée des conquêtes millénaires.

Nous sommes invincibles parce qu’incurables.

*citations des n°3 et n°18 de la Revue Sorcières, le reste du texte est extrait de "Sorcières, à nos folles alliées ! " du n°25

(des précisions suivront)

// 1er mars Soirée de Soutien dans la grande salle à la revue Sorcières

// Suivie d’une Présentation et Discussion de la revue de 4 des filles du Projet le 3 mars.


Jeudi 2 mars 19h "L’égalité devant les asticots" texte de Jean-Henri Fabre, dessin de Pole Ka
Exposition des dessins, apéritif et festivités, lectures d’extraits

Environ 130 pages de mouches et d’asticots sous toutes les formes…

http://zamdatala.net/2017/01/06/legalite/

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Pole Ka vient à la librairie exposer les dessins qui illustrent ce recueil de textes de Jean-Henri Fabre.

" Si il n’y a d’égalité réelle que devant les asticots, c’est qu’il n’y a pas d’égalité ; car à notre sens, nous ne pouvons employer ce terme que dans l’orbe du vivant. Si le constat est effectivement qu’il n’y a d’égalité que devant les hordes charcutières, et que donc l’égalité n’est pas de ce monde, nous ne voyons qu’une conclusion possible hormis celle, bien triste, de se contenter de cet état de fait : la nécessité de lutter contre l’inégalité qui nous frappe" (extrait de l’introduction rédigée par les éditeurs).


P.-S.

Le Café librairie Michèle Firk est ouvert du mercredi au samedi de 15h à 20h, par un collectif de bénévoles qui y discutent, s’y organisent, et invitent qui le souhaitent à prendre un café, participer, proposer des événements.. On est au 9 rue François Debergue à Montreuil, métro croix de Chavaux.
//michelefirk.org

On est sur Facebook pour la librairie et la parole errante.

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