Barricades de livres et de mots en attendant de défendre la ZAD

De A comme Aéroport…à Z comme Zad, 26 lettres, des dizaines d’intervenants, à Paris et à Notre-Dame-des-Landes, pour renforcer et enrichir le refus de l’aéroport et de son monde, pour ériger des barricades de mots et de sens face à une possible intervention policière.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes est de nouveau menacée d’expulsion pour y construire un aéroport aussi inutile que nuisible. En venant planter un bâton le 8 octobre dernier, des milliers de personnes de tous horizons sont venues prêter serment - le serment de défendre la ZAD en cas d’expulsion en se rendant sur place ou en menant des actions en région.

Certaines d’ entre-elles, issues du monde des livres, des lettres et des savoirs, se sont retrouvées au Taslu, la nouvelle bibliothèque de la ZAD.

En attendant d’avoir à défendre la ZAD, menacée à tout moment d’évacuation, quoi faire ? Nous proposons d’abord d’apporter le 5-6 novembre au Taslu un livre qui nous tient à coeur, un livre de lutte et d’espoir, comme on apporte une pierre à une barricade. Prêtons ensuite main forte aux divers chantiers en cours. Et puis prenons surtout l’engagement de venir défendre la ZAD ou de participer aux actions décentralisées en cas de tentative d’expulsion.

Pourquoi ? Nous faisons face dans nos milieux professionnels à des pratiques majoritaires où la richesse et la dignité des savoirs est gangrénée par l’emprise destructrice des pouvoirs financiers ; par un utilitarisme économique qui stérilise la création et la pensée ; par des logiques de compétition, de fragmentation, de précarisation et d’"attractivité" ; par le mépris des élites « intellectuelles » envers l’urgence des enjeux écologiques, la ruralité, et les radicalités politiques ; et enfin par un recul de la démocratie et de la collégialité dans nos institutions où prospèrent les dominations d’argent, de statut et de genre.

Fin août, des charpentier.e.s se sont rendu.e.s à la ZAD pour construire un bâtiment en bois. Une façon d’interroger les pratiques majoritaires de leur milieu professionnel en mettant au service de la lutte leur savoir-faire. Dans le même esprit, c’est à la création de "zones à défendre de la pensée" que nous voulons appeler en venant sur la ZAD où s’inventent de nouvelles formes de production de savoirs, dégagées des contraintes de hiérarchie, de monopolisation, d’appropriation, de compétitivité et de rentabilité, dans lesquelles savoirs théoriques et savoirs pratiques sont systématiquement associés - du maraîchage au cinéma, de la radio à l’inventaire de la faune, de la boulangerie à l’histoire des luttes.

La ZAD n’est pas une « zone de non droit » : c’est un monde d’auto-organisation, de création de communs hors de la marchandise, d’échange de savoirs et d’agriculture paysanne, de féminisme et de solidarité avec les migrants, un monde où se déploient de nouvelles façons d’habiter le territoire et de se soucier du vivant. C’est un puissant terreau qui fertilise les imaginaires politiques, un lieu auquel nous sommes puissamment attachés, une richesse que nous sommes résolus à défendre.

Les prises de parole commenceront dans l’amphi Furet le 4 novembre (105 boulevard Raspail, 75006) de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales de 18h à 21h.

Les discussions continueront dans les bus jusqu’à Notre-Dame-des-Landes.

Le départ se fera le samedi 5 novembre à 9h et le retour le dimanche autour de 22h place de la Nation à Paris.

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